genre: divers
Audrey Tautou
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C'est peut-être un détail pour vous, mais pour eux, ça veut dire beaucoup...
par Marianne Schönwasser le 24-03-07
Camille, Franck et Philibert. Soit une femme de ménage qui louche dangereusement vers l'anorexie, un cuisinier irascible, débordé par la gestion d'une grand-mère en fin de vie et un aristo à la timidité maladive empêtré dans sa vie. Pas besoin d'être grand clerc, ni d'avoir lu le roman d'Anna Gavalda dont le film est une adaptation, pour saisir, que d'ici la fin du film, ces trois là vont réussir à s'accomplir...
Et après tout ce n'est pas bien grave si l'histoire est prévisible. Certes, le côté " film choral " et son systématisme dans le cinéma français ces derniers temps commence à être un brin agaçant. Mais Guillaume Canet et Audrey Tautou jouent honnêtement et déploient une rage et une agressivité dans leur jeu qu'on n'a pas l'habitude de leur voir. Sans oublier (surtout pas ! ) un jeune acteur exceptionnel, Laurent Stocker, qui vole aisément la vedette aux deux stars. Bref, tous ces éléments fournissent à "Ensemble, c'est tout" les dehors d'un film sympathique, pour lequel on se demande toutefois s'il ne convient pas d'attendre quelques mois pour le voir dimanche soir à la télé.
Ce serait dommage. Car "Ensemble, c'est tout" se singularise sérieusement du gentil film français moyen par la part autobiographique que place Claude Berri dans l'adaptation de ce best-seller. Et comme à chaque fois qu'il évoque ses blessures intimes, le réalisateur fait mouche. Dans son précédent film, L'un reste, l'autre part, il évoquait la difficulté de la rupture, la douleur inextinguible que suscite la mort d'un enfant. Ici, on sent combien la dégénérescence du corps, la vieillesse et la décrépitude taraudent l'auteur du "Cinéma de Papa". Dès lors, il semble que ce nouvel opus serve d'exutoire à ces angoisses. Et Berri de filmer une octogénaire dans sa nudité, avec une certaine crudité mêlée pourtant d'un respect plein de pudeur.
Avec ces petits moments de grâce où Berri se dévoile, "Ensemble, c'est tout" réussit à éviter l'écueil du film français bien-comme-il-faut, lisse et sans surprise (à l'image du roman dont il est tiré...). Et la noirceur dont il se teinte ne lui en apporte que plus de relief.