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[archive cinéma]
La Faille

genre: divers


réalisateur
Gregory Hoblit
comédiens
Anthony Hopkins, Ryan Gosling, David Strathairn, Rosamund Pike

  • Sortie le 09-05-07

critique
+___ Le crime était presque raté

affiche affiche And the winner is : Ryan Gosling! Il était temps, il est crevé. And the winner is : Ryan Gosling! Il était temps, il est crevé. C'est tout Anthony, ça : jouer au mobile après avoir zigouillé sa femme. C'est tout Anthony, ça : jouer au mobile après avoir zigouillé sa femme. Ceci n'est pas une partie d'échecs entre Ryan Gosling et Anthony Hopkins. Quoique... Ceci n'est pas une partie d'échecs entre Ryan Gosling et Anthony Hopkins. Quoique...

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[critique]

+___ Le crime était presque raté

par Anne Eyrolle le 05-05-07

Les réalisateurs de thriller ont trois obsessions : en générique, les plans très serrés qui glissent sur des objets futiles. En fond sonore quasi permanent, des instruments à cordes qui grinçent pour composer la musique qui-fait-peur. Et, côté scénario, le crime parfait qui laisse pantois le bel inspecteur et le fidèle spectacteur. Avec " La Faille ", Gregory Hoblit nous offre un beau spécimen du genre. Passées les quelques minutes, déjà trop longues, à suivre le cheminement de boules sur un mobile grossies au millième (voilà pour le générique), nous voici face au crime on ne peut plus parfait : après avoir tué sa femme qui le trompe et avoir avoué les faits, Ted Crawford plaide non-coupable avec, pour argument implacable, la disparition de l'arme. Pour le jeune procureur Willy Beachum (Ryan Gosling) qui pensait boucler l'affaire en moins de deux commence alors un creusage de cervelles des plus intenses. Et des plus longuets. Heureusement, il y a la musique-qui-fait-peur- pour nous tenir éveillé. On imagine aisément l'effervescence des scénaristes à l'écriture de " La Faille " : " tu vois, on fait le film à l'envers, on montre le crime au début, on fait comme si tout était clair et réglé, et là, hop, on fait disparaître l'arme et personne ne comprend plus rien jusqu'à la fin, où... !! " " ah ouai, trop bien, le spectateur il va rien comprendre! " Oui. Sauf que non. Franchement, le spectateur, s'il a un brin de jugeotte, peut assez vite se faire le film tout seul et dénouer l'affaire en moins de temps qu'il en faut au bel inspecteur (et amant de la victime) pour sombrer dans la dépression et l'alcool (si, si , ils ont osé!) Le scénario, faiblard, et la réalisation, très lisse, ne donnent peu d'intérêt à ce film dont l'atout majeur repose sur le jeu des acteurs. Celui d'Anthony Hopkins ne déclenche pas les passions. L'air tranquille du vieux loup psychopathe à qui on ne la fait pas, il se contente de servir du Hannibal Lecter -sur le retour, quand même, et qui traîne un peu la patte. Celui qui retient toute l'attention et qui donne à lui seul une excellente raison de voir " La Faille ", c'est Ryan Gosling. Son rôle de jeune procureur ambitieux qui, au fil d'une enquête, découvrira que la vie n'est pas aussi simple qu'il le croit, n'est pourtant pas extravagant. Mais il lui donne une profondeur brillamment réaliste qui se diffuse sur l'ensemble du film. A lui seul, il apporte la nervosité, le culot, l'humour aussi, à un thriller a priori des plus banals.