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[archive cinéma]
Odette Toulemonde

genre: divers


réalisateur
Eric-Emmanuel Schmitt
comédiens
Catherine Frot, Albert Dupontel, Jacques Weber

  • Sortie le 07-02-07

critique
- Bonjour Toute Seule!

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[critique]

-___ Bonjour Toute Seule!

par Marianne Schönwasser le 16-02-07

Bonjour Toute Seule ! Dans la série " Décidément le 7 février 2007 ne restera pas dans les annales du cinéma " (quoique sort le Lynch, mais comme on ne l'a pas vu hein...), voici une nouvelle candidate : Odette Toulemonde.

La sémillante Odette, vendeuse le jour, plumassière le soir, a une idole : Balthazar Balsan, écrivain de son état dont le drame est, justement, d'être l'idole de personnes comme Odette. A savoir, les petites gens, bardées de bons sentiments à défaut de l'être de diplômes et riches de coeur, à défaut de l'être en euros. Bref, le genre de lecteurs qui assurent de confortables droits d'auteur mais certainement pas de prix littéraires (ou alors le Prix France-Loisirs). Et le Balthazar, quand il prend conscience de cette cruelle réalité, ça lui fout une sacrée déprime. Alors que bon, comparativement à Odette dont le mari est mort, la fille est chiante et qui, comble du malheur, habite en Belgique, franchement, il n'a pas de quoi se plaindre. Pas besoin d'être titulaire d'une licence de psycho pour comprendre que Balthazar va faire, auprès d'Odette, l'apprentissage des choses simples (oui, c'est ça, un peu comme dans la pub Herta).

D'ailleurs, c'est un peu tout le problème : le scénario hésite entre la pub Herta, le téléfilm de TF1 et du sous-Amélie Poulain... Le tout avec une bonne dose de condescendance et de clichés. En effet, on a un peu l'impression que pour Schmitt, les Belges -ses compatriotes, rappelons-le, depuis son immigration dans ce pays où comme chez Intermarché, la vie est moins chère (décidément, c'est pas du cinéma, mais de la pub, qu'il devrait faire), ces Belges, donc, s'ils sont bien braves ne sont pas futes-futes (cf la famille d'Odette et ses voisins). C'est tout juste s'ils ne disent pas "une fois" à la fin de tous leurs dialogues et entre deux cornets de frites rincés à la bière... Quant à Odette, elle a l'intelligence du coeur à fort potentiel raffariniste (genre "la route est droite mais la pente est raide"). Bref, malgré quelques jolies trouvailles (le personnage nommé Jésus, ou Catherine Frot se dandinant à merveille sur la musique de Joséphine Baker), Odette Toulemonde est aussi plat que le pays dans lequel il se déroule. Et ne tarde pas à agacer franchement : les clichés s'enfilent avec la facilité de nouilles sur un collier de Fête des Mères.

Sans parler du personnage de Balthazar Balsan. Schmitt a beau expliquer dans la presse que Balsan n'a rien à voir avec lui (il lorgnerait du côté de Marc Levy...), on ne peut s'empêcher de voir dans cet auteur qui a plus de succès public que critique une sorte de double.

Du coup, on se demande si Schmitt ne fait pas ce film dans le but unique de justifier sa présence sur la scène littéraire. Pour cela, un bon livre vaut mieux qu'un film