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[archive cinéma]
Dialogue avec mon jardinier

genre: divers


réalisateur
Jean Becker
comédiens
Jean-Pierre Darroussin, image disponible Daniel Auteuil

  • Sortie le 06-06-07

critique
- Le printemps meurtrier

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[critique]

-___ Le printemps meurtrier

par Anne Eyrolle le 30-05-07

En s'installant dans son village natal, un quinquagénaire parisien blasé de la vie et de l'amour (Daniel Auteuil) espérait retrouver l'inspiration qui manquait à sa peinture, mais c'est avec un ami d'enfance (Jean-Pierre Darroussin) devenu jardinier qu'il renoue. A son contact, il va ouvrir les yeux sur l'artificialité de son univers d'artistes branchés pour découvrir les plaisirs simples, le bon goût de la tomate mûrie au soleil et de la truite pêchée au vairon mort. Le bonheur selon Jean Becker, quoi.

Parce que la campagne, ses couleurs franches, ses âmes rustres et sincères, ses paysages écheveulés, ses visages tannés, il adore ça, Jean Becker. La ruralité lui doit d'ailleurs l'un de ses plus beaux chants d'amour, avec "L'été meurtrier". Depuis, la passion champêtre du réalisateur n'a jamais pâli, mais là où elle émouvait, aujourd'hui elle ennuie.

Le roman de Henri Cueco dont est tiré le film n'y est peut-être pas pour rien. A vérifier, à lire. En attendant, le titre aurait pu nous mettre la puce à l'oreille : "Dialogue avec mon jardinier", en version longue cela pourrait donner : "je parle avec mon jardinier pendant qu'il plante des courgettes sur mon lopin de terre, c'est pas vos oignons." Et c'est vrai que ça bavarde sec autour du potager. De quoi? C'est le problème. Les dialogues sont aussi creux qu'un concombre. Au pied d'un arbre ou autour de la table en formica, les retrouvailles quotidiennes entre les deux copains sont d'une vacuité épuisante au point de rendre exhaltantes les rares scènes parisiennes : les embouteillages, c'est moins joli que les rangées de fraisiers sauf que ça vous réveille un spectateur endormi.

Mais ce n'est pas assez, semble t-il, pour raviver le talent des acteurs. Si Jean-Pierre Darroussin s'est peut-être amusé à se glisser dans la salopette du paysan mal dégrossi, Daniel Auteuil, lui, a dû bien souffrir pour se montrer aussi peu crédible en peintre urbain reconverti aux joies de la campagne. On compâtit: la nature c'est beau, oui, souvent, mais il y a des jours où l'on se dit que c'est surtout très ennuyeux.