genre: divers / durée: 1h50
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Boulevard de la Daube
par Marianne Schönwasser le 06-06-07
Voici ce qu'on appelle en langage très très technique de cinéma, un pur navet. Ou encore : une nouvelle preuve que Quentin Tarantino, c'est de l'esbrouffe en boîte.
Présenté sur la Croisette, Boulevard de la Mort a pour personnage principal Stuntman Mike (Ah... Kurt Russell ! ), cascadeur reconverti en psychopathe, spécialiste du dézingage de minettes à grands coups d'accidents de la route. Face à lui, deux escouades d'amazones texanes, tout en jambes fuselées et pieds galbés qui croisent son chemin. Construite comme un dyptique, l'histoire se finira bien pour l'une de ces girl teams, on ne peut pas en dire autant de l'autre...
Au regard de ce nouveau film, on se dit que, contrairement à Stuntman Mike, Quentin Tarantino fait sérieusement du sur-place. Encore une fois, après Travolta ou Carradine, il choisit, en guise de héros un gros ringard (Ah... Kurt Russell !) pour le propulser au sommet de la branchitude. Encore une fois, il truffe sa mise en scène de référence aux films des années 70, de l'image crado à la bande son vintage, histoire de faire tripper les trentenaires qui n'en reviennent toujours pas d'être bientôt quadras, et, du coup, prêts à tout pour stopper l'espace-temps. En fait, Tarantino fait sévèrement penser à ces jeunes filles qui collectionnent dans un carnet secret tout un panel de citations récoltées à l'encre d'un stylo rose parfumé à la framboise. Ca ne fait pas de mal et ça réconforte quand on retombe dessus. Problème, ça ne fait pas vraiment avancer le schmilblick... Pire, on a le sentiment que le réalisateur américain est devenu une sorte de Lagarde et Michard de la série B.
Plus ennuyeux encore est l'image de la femme véhiculée par Boulevard de la Mort. Comme Jackie Brown ou l'héroïne de Kill Bill, les personnages féminins du film sont des combattantes, prêtes à en découdre avec quiconque approche d'un peu trop près, sans y avoir été invité, leur carrosserie. Sauf que, ici, Tarantino semble célébrer la " bitchy camionneuse " : elle parle comme un mec, picole comme un mec mais pense quand même à trémousser l'arrière-train, histoire de ménager quelques scènes vaguement " hot " au cours de l'action.
Aucune profondeur chez ces héroïnes, qui feront peut-être fantasmer les grands ados, encore tarabustés par l'image de la mère. Mais ne feront sans doute pas rêver les filles qui savent bien que l'égalité homme/ femme ne passe pas par un gommage total des différences entre masculin et féminin, et encore moins par la défense d'une philosophie ayant pour principal axiome " Shake your butt ! "