genre: divers
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Le petit chemin du bonheur
par Bénédicte Arcens le 07-06-07
Tati Benitez habite la forêt de Misiones, planquée dans le nord-est de l'argentine. Il vit là, dans les arbres, avec sa femme et ses quatre enfants, dans la misère souriante des villages reculés, habités de gens de coeur et de croyance. Sa croyance à lui, à Tati, c'est Maradona. El Diego. Il connaît tout de lui, témoignent ses amis, Diego, c'est sa vie, il l'a, tatoué sur le coeur et sur le corps. Et puis vient le printemps 2004. Maradona se fait hospitaliser suite à une crise cardiaque, pendant que Tati, sur un chemin de sa forêt, tombe nez à nez avec une racine d'arbre étonnante, une racine pleine et massive qui ressemble à son idole. Tati dans son émouvante fierté, décide d'apporter à son Dieu souffrant, sa statue de bois, tel un trésor miraculeux et salvateur.
A travers le périple de ce jeune homme, Carlos Sorin s'inspire de la ferveur populaire qu'a pu connaître l'Argentine en 1952, au moment de l'agonie d'Eva Peron. Il signe ici un voyage tout à la fois réaliste et merveilleux. Une fable d'espoir et de générosité portée par une pléiade de " non-acteurs " qui jouent une vie qui pourraient être la leur, pleine de désespérance et d'illusion, de rêve et de naïveté, rude, colorée de sourires déçus.
Tati Benitez suit le chemin de Buenos Aires, sa statue sur l'épaule, comme un autre a porté sa croix, il traverse les terres mystiques de l'Argentine pour lesquelles Dieu et Diego forment une même étoile qui guide et promet des jours meilleurs.
Avec El camino de San Diego, Carlos Sorin réalise la performance rare d'offrir un itinéraire poétique dans ses images, ses couleurs, ses silences et ses regards. Igniacio Benitez, l'acteur principal, est au film ce que Massimo Troisi fut à Il postino, un joyaux d'émotion retenue. Authentique. Simple. D'une humanité pure.