Share/Bookmark
[archive cinéma]
The Bubble

genre: divers


réalisateur
Eytan Fox
comédiens
Ohad Knoller, Alon Friedman, Yousef "Joe" Sweid, Daniela Wircer

  • Sortie le 04-07-07

critique
++__ Faites l'amour pendant la guerre

affiche affiche

Forum
[15-07-07 par Anne Eyrolle]: «bouleversant»
Je n'ai certes pas vos compétences journalistiques, mais je voulais vous donner mon...
[02-09-07 par rotko]: «très vivifiant»
The Bubble est un beau film, une bulle qui témoigne d'une jeunesse prise dans l'étau de la...
[critique]

++__ Faites l'amour pendant la guerre

par Anne Eyrolle le 25-06-07

Check Point de Naplouse, des jeunes soldats vérifient les papiers de Palestiniens. Ca traîne, ça s'énerve, une femme enceinte perd les eaux, ça s'agite, ça crie, le nourrisson ne survit pas, ça pleure, ça insulte. Dans la foule dissipée un Palestinien et un Israëlien ne se lâchent pas du regard. Pétrifiés, muets.

Ce qui commençait comme une chronique de guerre, sinon un reportage, vire bientôt à un épisode de "Friends" made in Israël : dans un appartement de la capitale surnommée "La bulle", une bande de copains cohabitent joyeusement. Daniela Wircer (alias Lulu, vendeuse dans un magasin de beauté), qui pourrait être la Jennifer Anniston locale, Alon Friedman (Yali, gérant de café) qui aurait pu être choisi pour son faux air lunaire de Michael Schwimmer, et Ohad Knoller (Noam, disquaire) un peu Chandler dans son genre discret romantique. Une bande de copains qui parle de sexe, d'amour, de fête, avec autant de frivolité que celle de la série américaine, finalement. Sinon que cette jeunesse-là s'amuse moins par insouciance que pour revendiquer sa liberté et oublier la guerre.

La réalité de la violence environnante leur est rappelée avec l'arrivée parmi eux d'Ashraf, Palestinien rencontré par Noam sur le check point : les deux hommes pétrifiés c'étaient eux. Stupéfaits moins sous le coup de la peur que celui de la foudre amoureuse. Commence alors un équivalent de "Roméo et Juliette" version homo et sur fond de conflit Israëlo-Palestinien.

Aussi réaliste et informatif qu'un reportage, léger et sympathique comme une bonne série américaine, romantique et passionné comme un classique de la grande tragédie : c'est cela, le cinéma Israëlien d'Eytan Fox, un mélange des genres brillamment équilibré qui permet au réalisateur de faire d'un sujet qui semblait voué aux clichés "mélodramapathétiques" la trame d'un portrait juste de la Tel Aviv contemporaine. Où le vent de liberté soufflée par sa jeunesse n'en finit pas de se heurter aux murs dressés par les extrémismes religieux et politiques.