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[archive cinéma]
La nuit des tournesols

genre: divers


réalisateur
Jorge Sanchez Cabezudo
comédiens
Carmelo Gomez, Judith Diakhate, Celso Bugallo, Mariano Alameda

  • Sortie le 25-07-07

    infos: Genre : drame/thriller. Durée : 2h03


critique
+++_ Le meilleur du thriller

Affiche Affiche Fallait-il tuer un inconnu ? Esteban ( Carmelo Gomez) et Pedro (Mariano Alameda) commencent à douter. Fallait-il tuer un inconnu ? Esteban ( Carmelo Gomez) et Pedro (Mariano Alameda) commencent à douter. Si ce représentant en aspirateurs (Manuel Moron) insiste pour que Gabi (Judith Diakhate) lui ouvre sa voiture, ce n'est pas pour lui offrir sa dernière brochure... Si ce représentant en aspirateurs (Manuel Moron) insiste pour que Gabi (Judith Diakhate) lui ouvre sa voiture, ce n'est pas pour lui offrir sa dernière brochure...

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[critique]

+++_ Le meilleur du thriller

par Anne Eyrolle le 16-07-07

Dans la campagne espagnole, les villages se vident inéxorablement. Aussi, quand, aux environs de l'un d'entre eux, on découvre un semblant de grotte, c'est toute la population qui se réveille : et si cela pouvait devenir la nouvelle attraction de la région et attirer de nouveau la population? Des spéléologues de la ville sont appelés. Et ce qui ne devait être pour eux qu'une visite de routine de tourner à la catastrophe en série : Gabi, la compagne d'Esteban, frôle le viol, un viel homme est tué, un jeune policier plonge dans le mensonge jusqu'au cou, un violeur en série court toujours... Les événements s'enchaînent et, inéluctablement, des vies basculent.

Si le secret d'un bon thriller est de mettre le spectateur sous une pression à peine soutenable, de l'inciter à penser que le pire peut arriver à tout le monde et/ou que tout le monde est capable du pire. Si le secret d'un bon thriller est de perturber tous les sens, alors Jorge Sanchez Cabezudo l'a décroché. Après quelques légers balbutiements de mise en place de l'intrigue, une scène -celle du viol- ouvre la voie à une succession de situations toutes d'autant plus glaçantes qu'elles s'enchaînent sans effort. Comme naturellement. Un regard, une parole mal interprétés et le plus doux des hommes peut devenir criminel. Une lassitude qui traîne, une mauvaise rencontre le soir du verre de trop, et le policier le plus docile bascule dans le camp des ripoux...

Tout n'est qu'affaire de hasard, de coïncidences et de point de vue : le jeune réalisateur et scénariste en semble convaincu, qui choisit de diviser son film en plusieurs séquences qui ont chacune un héros différent. Ainsi, les mêmes scènes sont revues et revécues à plusieurs reprises, suivant un point de vue nouveau à chaque fois. Le procédé complexe quoique assez commun, perd ici ses effets d'exercice de style pour se mettre entièrement au service du récit qui reste simple. La construction, très littéraire, est impeccable, la machine narrative fonctionne à la perfection, parfaitement huilée, elle génère ses propres grains de sable qui chaque fois viennent perturber la presque tranquilité que croyaient avoir trouvé les personnages. Et nous, avec eux -tant il est vrai que ces héros, parfaitement imaginés et interprétés, nous deviennent proches. L'image, tantôt caniculaire et sensuelle, tantôt glaciale à la polar, témoigne d'un excellent goût photographique. Le choix des comédiens n'est pas plus critiquable : remarquable Judith Diakhate, irréprochable Carmelo Gomez... Avec cette "Nuit des tournesols", Jorge Sanchez met des frissons dans le dos et l'eau à la bouche : un réalisateur à ne surtout pas lâcher d'une pellicule.