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[archive cinéma]
Les Toits de Paris

genre: divers


réalisateur
image disponible Hiner Saleem
comédiens
image disponible Marie Kremer, image disponible Michel Piccoli, image disponible Mylène Demongeot, image disponible Maurice Bénichou

  • Sortie le 21-11-07

    infos: Genre : drame. Durée : 1h38


critique
+___ Sous la grisaille

UNDEF

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[critique]

+___ Sous la grisaille

par Anne Eyrolle le 14-11-07

Il ne fait pas bon vivre vieux à Paris. C'est de ce constat que le kurde Hiner Saleem est parti pour écrire son sixième long, et c'est cette unique information que l'on peut tirer de ces interminables 1h40 de misère filmée dans les greniers délabrés de la capitale. Et dire que le film durait d'abord 2h40! Merci la production.

Une heure de moins c'est beaucoup plus qu'il n'en faut pour développer ce scénario qui tient en quelques mots : la misère ennuyeuse de Marcel (Michel Piccoli) et Amar (Maurice Bénichou), qu'ils traînent dans un Paris caniculaire, depuis leurs chambres de bonnes infectes jusqu'aux mosaïques froides et jaunies de la piscine municipale. Après, heureusement, il y a la table de Julie (Mylène Demongeot): un verre de rouge, une platrée de pâtes et un sourire, c'est déjà ça de pris.

Une vie à goût de presque rien, du néant à perte de vue. Mais le bonheur comparativement à ce qui arrive bientôt. Amar s'en va, Julie, qui a fermé boutique, ne revient pas, le fils ne répond jamais aux invitations de son père, et les douleurs articulaires reprennent de plus belle, jusqu'à bloquer les jambes. L'arrivée sous les toits d'une jeune fille paumée apporte bien sa petite lueur d'espoir au quotidien du pauvre Marcel. Mais pour si peu de temps... Il a beau garder le sourire, Marcel le sait: il ne faut compter sur personne dans la vie. Et surtout pas sur ceux qui disent vouloir votre bien -voyez l'infirmière, qui finit de tuer notre vieillard invalide en laissant un vasistas ouvert...

Inutile d'avoir vu ses précédentes réalisations sur l'Irak et le peuple kurde pour comprendre qu'Hiner Saleem sait filmer la misère. Mais il y a de quoi douter de la pertinence de son choix soudain pour Paris et pour ses pauvres vieux. Evidemment, il est toujours intéressant d'attirer l'attention d'une société sur le sort de ceux qu'elle a tendance à abandonner. Mais cela exige de s'armer d'un scénario solide et de servir un propos clair, qui ne se perd pas dans des silences incompréhensibles et interminables et dans quelques délires visuels pseudo-poétiques. Entre le message -de la pauvreté, de la solitude, de la vieillesse- à faire passer et l'expérience du spectateur -ennui, dégoût, déprime- il y a un seuil que franchit trop facilement ce film. Au point de lui faire perdre peu à peu son intensité tragique.

Dans ce paysage bien gris, percent cependant quelques jolies lumières : la scène entre le père et le fils, tous deux parisiens mais comme étrangers l'un à l'autre, est bouleversante de justesse dans le propos et dans la réalisation; la dernière rencontre de Marcel avec les rues de la ville depuis son fauteuil roulant est un pur moment de poésie; et, surtout, le couple Piccoli-Demongeot, sincère et beau.

[bio]
réalisateur: Hiner Saleem
UNDEF

Réalisateur, Acteur, Producteur, Scénariste, Compositeur kurde irakien né en 1954.

A 17 ans, il doit fuir son pays pour échapper à l'oppression de Saddam Hussein. Il n'y retourne que pendant la première Guerre du Golfe, et commence la réalisation de son premier film, "Un bout de frontière", qui restera... un bout de film: à cause des bombardements, il doit arrêter le tournage. Mais ces images sont pourtant montrées, comme "film inachevé", en 1992, à la Mostra de Venise. Cela permet au réalisateur de trouver les financements pour son film suivant, "Vive la mariée... et la libération du K...

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