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[archive cinéma]
Filatures

genre: divers


réalisateur
Yau Nai Hoi
comédiens
Simon Yam, Tony Leung Kai Fai, Kate Tsui, Suet Lam, Maggie Shiu, Siu-Fai Cheung, Suet-sum Tse

  • Sortie le 02-01-08

    infos: Genre : policier. Durée : 1h30


critique
+___ Ca ne tient qu'à des filatures

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[critique]

+___ Ca ne tient qu'à des filatures

par Anne Eyrolle le 20-12-07

Certains policiers ne sont chargés de rien d'autre que de suivre les criminels potentiels. Une branche secrète et néanmoins indispensable, d'une sophistication déroutante, prête à débouter les plans des meilleurs casseurs. En un mot, un exceptionnel sujet dont on s'étonne qu'il n'ait pas été plus souvent traité sur grand écran. C'est sans doute ce qu'a dû se dire Yau Nai Hoi, scénariste de Johnnie To, et qui l'a incité à tenir enfin la caméra.

C'est vrai que le principe de la filature est cinématographique. Les dix premières minutes du film le démontre de manière assez fascinante : du métro aux rues surpeuplées de Hong-Kong, une toile de suiveurs et de suivis se tisse pour perdre le spectateur dans un inquiétant jeu de chats et souris. La tension monte puis s'interrompt brutalement, laissant la priorité aux présentations des personnages. Là encore, Yau Nai Hoi réussit d'abord son coup: le duo de la jeune novice et du vieux flic fonctionne plutôt bien, et le cerveau des cambrioleurs (Tony Leung Kai Fai) impose une personnalité forte et mystérieuse.

Mais le suspense haletant installé dès les premières secondes et la crédibilité des personnages ne suffisent pas à effacer les défauts grossiers -pour ne pas dire grotesques- de cette réalisation. La faute à un scénario qui manque cruellement de matière. Etonnamment, celui qui a signé les meilleurs scénarios des Johnnie To ne parvient pas à déployer le sujet qu'il pose ici : le film ne s'accroche à rien d'autre qu'à ces éternelles filatures qui se déroulent toutes de la même manière. Il manque une intrigue plus poussée qu'une simple histoire de casse de bijouterie planifiée dans des hangars. Le rythme précipité de la réalisation, façon "24 heures", semble bientôt tourner à vide, et les personnages s'agitent pour si peu que le ridicule les menace vite. La bande de copains flics finit par perdre sa crédibilité, les blagues du gentil Capitaine virent au burlesque, l'innocente sensibilité de la jeune Piggy devient grotesque... Une heure et demie plus tard, reste une impression de bon filon caricaturé, et d'une caméra mal exploitée. Ce ne sera donc pas une réussite au premier coup pour Yau Nai Hoi, même si le réalisateur laisse entendre qu'il est à suivre de près.