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[archive cinéma]
Reviens-moi

genre: divers


réalisateur
Joe Wright
comédiens
image disponible Keira Knightley, James Mc Avoy, Saoirse Ronan
scénariste
Christopher Hampton

  • Sortie le 09-01-08

    infos: Genre : drame. Durée : 2h03.


critique
+___ Ventre mou

Affiche Affiche L'excellente Vanessa Redgrave dans la peau de l'émouvante Briony, vieillie L'excellente Vanessa Redgrave dans la peau de l'émouvante Briony, vieillie L'épatante Soirse Ronan dans la peau de l'inquiétante Briony, enfant. L'épatante Soirse Ronan dans la peau de l'inquiétante Briony, enfant. Keira Knightley et James McAvoy dans la peau de l'ennuyeux couple héros Keira Knightley et James McAvoy dans la peau de l'ennuyeux couple héros

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[critique]

+___ Ventre mou

par Anne Eyrolle le 27-12-07

Eté 1935, dans une gigantesque demeure victorienne, les filles Tallis vaquent à leurs occupations favorites. Pour la jeune Briony, aucune ne vaut l'écriture. Elle le sait déjà : elle sera romancière. Sa grande soeur Cecilia a, elle, pour caprice une idylle avec le fils de la domestique. Quand la première découvre le secret de la seconde et qu'elle décide de se mêler de ces histoires de désirs auxquelles elle ne connaît rien, une machine infernale se met en route. Révélations, mensonges, quiproquos: la vie de Robbie et de Cecilia est à jamais bouleversée -la guerre fera le reste.

Une tragédie provoquée par l'esprit naïf et orgueilleux d'une enfant : l'idée centrale du roman ("Expiation" de Ian Mc Ewan) dont est tiré le film offre une excellente base de lancement que Joe Wright exploite d'abord avec talent. A travers l'ambiguité des personnages féminins (l'air d'ange au regard glacial de Briony/Saoirse Ronan, la fausse arrogance de Cecilia/Keira Knightley), à travers la tension qui envahit progressivement la demeure, à travers, aussi les effets répétitifs mais réussis de la réalisation qui filme une même scène vue sous plusieurs angles (les histoires d'amour ne sont-elles pas que des affaires de points de vue que l'on devrait, de fait, se garder de juger?), Joe Wright explore le récit dans toute sa force théâtrale et cruelle.

Puis la guerre éclate. Malheureusement pour les amoureux, forcés à la séparation, mais malheureusement, surtout, pour le spectateur. Son expérience d'un cinéma de grande qualité est interrompue par près d'une heure de romance sans profondeur sur fond de guerre mondiale aussi superficiellement filmée. Le ton change radicalement, et pas seulement dans les couleurs -passées des prairies vertes de l'Angleterre aux plages embrumées de Normandie: la nervosité des premières minutes cède sous le poids d'une coulée de bons sentiments, la vivacité des plans disparaît au bénéfice de travellings et de plans séquences interminables. L'excitation à faire dans l'esthétisme guerrier est d'une évidence agaçante. N'est pas réalisateur de film de guerre qui veut: si Joe Wright filme avec une finesse rare les faux semblants de la bourgeoisie Anglaise ("Orgueils et préjugés" l'avait déjà prouvé), quand il s'attaque à ce terrain boueux et sanglant c'est à renfort de clichés ennuyeux et maladroits. Le récit en devient confus, le temps s'étire et s'accélère sans explication, les lieux ne sont bientôt plus identifiables... Et les personnages finissent par lasser, même Briony, devenue une jeune fille au caractère pauvrement insondable (Romola Garai).

Il faut attendre l'épilogue, après à peine moins de deux heures, pour que le bon cinéma de Joe Wright reprenne le dessus. Le regard bleu voilé par l'âge et le remords, Vanessa Redgrave vient boucler la boucle avec force et élégance, confirmant que la véritable héroïne de ce film trop long est bien l'imagination d'une enfant devenue romancière. Tout le reste (le couple, la guerre...) aurait aisément pu rester au rang de figuration.