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Train de nuit

genre: divers


réalisateur
Diao Yi Nan
comédiens
Liu Dan, Qi Dao, Xu Wei, Wu Yuxi
scénariste
Diao Yi Nan

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  • le 23-01-08

    infos: Genre : drame. Durée : 1h34.


critique
+___ Train d'ennui

Affiche

Affiche

Pour Wu Hongyan (Liu Dan), la charge de son travail d' huissier-bourreau commence à peser.

Pour Wu Hongyan (Liu Dan), la charge de son travail d' huissier-bourreau commence à peser.



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[critique]

+___ Train d'ennui

par Anne Eyrolle le 18-01-08

Après la Croatie et le Japon, la Chine s'impose dans les conversations parisiennes comme LE pays qu'il faut a-bso-lu-ment avoir vu. Allez savoir pourquoi... Quoi qu'il en soit, voilà qui devrait faire passer l'envie aux honteux retardataires. En suivant le quotidien d'une trentenaire célibataire et huissier de justice installée dans l'ouest de la Chine, Diao Yi Nan donne à voir ce qu'il y a sans doute de plus morose, désespéré et désolant du pays du soleil couchant. Sorte d'anti-documentaire pour agence de voyages.

Parce que c'est bien plus de documentaire que de fiction qu'il s'agit. Du moins est-ce sur cette tonalité réaliste que "Train de nuit" révèle son principal -unique?- intérêt. La mise en scène vériste et sans aucune recherche d'esthétisme a le mérite de faire la lumière sur les zones d'ombres de ce pays : sa justice d'abord, qui a la condamnation à la peine de mort très facile, puis la misère affective à laquelle sont voués nombre de ses femmes mais aussi de ses hommes, éseulés dans des villes grisailleuses et sans distraction. Le courage avec lequel Diao Yi Nan ose montrer la laide vérité chinoise au risque de la censure et contre les a priori romantiques vaudrait à lui seul l'engouement de tous.

Pourtant, s'il fallait être honnête, il serait impossible de cacher que hormis son intérêt informatif -c'est déjà estimable, son "Train de nuit" peine à nous maintenir éveillé. La frigidité du jeu des comédiens, l'austérité des rapports entre eux, la monotonie de leur quotidien et la noirceur du décor industriel sont trop d'obstacles à la compassion du spectateur. Si -souhaitons-le lui- Diao Yi Nan parvient à secouer l'opinion publique avec sa chronique sociale anti-peine de mort, en attendant, le prix à payer pour le public est celui d'une sacrée sinistrose.