Share/Bookmark
[archive cinéma]
Les liens du sang

genre: policier


réalisateur
Jacques Maillot
comédiens
Guillaume Canet, image disponible Clotilde Hesme, Marie Denarnaud, François Cluzet
producteurs
Cyril Colbeau-Justin, Jean-Baptiste Dupont

  • le 06-02-08

    infos: Genre : polar. Durée : 1h46.


critique
++__ Deux frères avant tout

Affiche Affiche Corinne (Clotilde Hesme) et François (Guillaume Canet) réunis : pourquoi n'y avaient-ils pas pensé avant? Corinne (Clotilde Hesme) et François (Guillaume Canet) réunis : pourquoi n'y avaient-ils pas pensé avant? Dans le rôle de l'amoureuse du voyou Gabriel (François Cluzet), la subtile Marie Denarnaud campe une Nathalie toute en délicatesse. Dans le rôle de l'amoureuse du voyou Gabriel (François Cluzet), la subtile Marie Denarnaud campe une Nathalie toute en délicatesse.

Forum
Soyez le premier à donner votre avis
[critique]

++__ Deux frères avant tout

par Anne Eyrolle le 01-02-08

A sa sortie de prison, Gabriel est aussitôt accueilli avec émotion par son père et sa soeur. Un peu en retrait, il y a son frère, François, devenu policier. Emu aussi, c'est évident, même s'il s'efforce de le cacher. Gabriel se dit prêt à tout pour se refaire, loin des braquages et autres coups fourrés. Certains veulent y croire, comme le père, qui continue malgré tout de célébrer le héros voyou qu'il a été. D'autres doutent, à commencer par François. Mais les liens du sang sont plus forts : il accepte d'aider son frère à se refaire... avant de constater que Gabriel a replongé dans le crime et le proxénétisme.

Inspiré d'un ouvrage signé par deux frères -l'un voyou, l'autre non, "Les liens du sang" a toutes les couleurs d'un polar des années 70. Maillot a poussé la référence jusqu'à opter pour cette image au grain épais et aux tons désaturés jaunâtres qui a fait les premiers feuilletons télé. Cluzet moustachu prend l'air d'un Mesrine, Canet a les pates tombantes et Clotilde Hesme le carré épais : ces effets de reconstitution qui pourraient d'abord passer pour des affeteries vaines imposent vite son esthétisme rétro à l'atmosphère aussi tendue que tranquille du film.

Un face à face entre le bon et le mauvais frangin, l'amour fraternel qui finit par triompher malgré les disputes datées de toujours, le tout sur fond de petits crimes, proxénétisme, machines à sous et histoires d'amour et de jalousie... On ne peut pas dire que le scénario soit d'une originalité à couper le souffle. Chaotique et éparpillé, il faut même avouer qu'il a tendance à malmener la réalisation, et jusqu'à la fin on attend de savoir où tout ça va nous mener. Mais quelle importance? Où que ce soit, on y va. Impossible de ne pas se laisser saisir par ces liens de coeur et de sang mêlés. Les intrigues policières se suivent comme autant de prétextes à confronter ces deux frères. Toutes en pudeur, les affections discrètement se donnent à voir avec une justesse bouleversante. Canet et Cluzet n'ont aucun mal à faire croire à une relation fraternelle d'une profondeur indiscible. Autour d'eux, les trois personnages féminins jouent un rôle fondamental dans le tissage de la toile humaine que sont ces "Liens du sang". Clotilde Hesme, Carole Franck sont remarquables, avec une mention spéciale à Marie Denarnaud, d'une finesse absolue dans le rôle de la jeune amoureuse du mauvais garçon. Quand le film se termine -très brutalement, ce n'est pas un énième polar qui s'achève, mais un récit sentimental poignant.