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[archive cinéma]
Paris

genre: divers


réalisateur
Cédric Klapisch
comédiens
image disponible Juliette Binoche, Romain Duris, Fabrice Luchini, Albert Dupontel, Mélanie Laurent, image disponible Julie Ferrier, Karin Viard
scénariste
Cédric Klapisch

  • Sortie le 20-02-08

    infos: Genre : comédie dramatique. Durée : 2h10.


critique
++__ Du plaisir en morceaux

Affiche Affiche Juliette Binoche et Romain Duris : un bouleversant couple frère-soeur qui tiendrait à lui seul plus de deux heures de film Juliette Binoche et Romain Duris : un bouleversant couple frère-soeur qui tiendrait à lui seul plus de deux heures de film Julie Ferrier, discrète mais évidente révélation. Julie Ferrier, discrète mais évidente révélation. Une des trop rares hilarantes apparitions de Karin Viard Une des trop rares hilarantes apparitions de Karin Viard Luchini fait du Luchini -c'est trop bon pour que Mélanie Laurent ne craque pas. Luchini fait du Luchini -c'est trop bon pour que Mélanie Laurent ne craque pas.

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[critique]

++__ Du plaisir en morceaux

par Anne Eyrolle le 14-02-08

Un film raté peut-il être inoubliable ? Le nouveau Klapisch en donne la preuve. Raté, parce que l'ambition gigantesque de ce film aux cinq histoires entremêlées cède à tous les pièges tendus par le genre trop prisé du film choral. Inoubliable, parce que les héros de quelques unes de ces histoires sont des comédiens grandioses et sublimement dirigés dans une mini-intrigue à très fort potentiel.

En fil conducteur, Romain Duris, danseur qui se découvre malade du coeur, est condamné à rester cloîtré chez lui en l'attente d'une greffe, épaulé par sa soeur, Juliette Binoche. Parallèlement, dans la même ville de Paris: -un professeur d'université (Fabrice Luchini), seulement doté d'un frère sympa mais incompatiblement banal et heureux (François Cluzet), se prend de passion pour une jeune étudiante (Mélanie Laurent). -une boulangère (Karin Viard) coincée dans son chandail et ses préjugés de commerçante pas sortie accepte non sans inquiétude de former une jeune apprentie au nom pas très français mais finalement charmante. -une bande de maraîchers partage tant bien que mal son quotidien pendant et après le boulot (Julie Ferrier, Albert Dupontel, entre autres...) -un groupe de mannequins cherche à se donner des sensations fortes après les défilés -un GO africain décide de quitter le club et son pays clandestinement pour la France où l'une des mannequins (Audrey Marnay) lui avait -trop vite- promis de l'accueillir...

Il y a du monde qui se bouscule sur l'écran pendant ces deux heures dix de film. Du coup, la plupart doit se contenter de maigres apparitions et, finalement, de personnages bien peu creusés, voire caricaturaux. Ca part dans tous les sens et la diversité des pièces peine à construire un puzzle cohérent. Evidemment, Klapisch tente d'arranger la situation en forçant quelques croisements entre les différentes tranches de vie, mais c'est le plus souvent superficiel, à la limite du ridicule. Pour n'en citer qu'un exemple, cette scène des mannequins s'éclatant dans les halles de Rungis en pleine nuit et finissant dans les bras des maraîchers emballés... Il fallait oser... Puis ce pauvre Africain, qui doit se contenter de deux ou trois scènes avec son aventure à haut risque de traversées clandestine des mers : on en serait presque gêné pour lui.

Et à côté de ces ratages flagrants, des instants lumineux, d'une force rare. Grâce au couple Duris-Binoche, "Paris" hante les esprits des semaines durant. On n'ose pas imaginer le plaisir et l'émotion qu'aurait produit un film de Klapisch uniquement concentré sur cette histoire et sur ce duo d'acteurs immenses. Rien que pour eux, "Paris" vaut d'être vu.

Le couple Luchini/Laurent dégage lui aussi un vrai charme - à condition d'apprécier quand Luchini fait du Luchini. Là, il nous sert jusqu'à son pas de rocker épileptique désormais culte sur les plateaux télé. Mélanie Laurent est délicieuse à ses côtés, même si, évidemment, elle n'est pas assez présente à l'image, son personnage pas assez creusé. Même regret pour Karin Viard, hilarante au plus haut degré dans son personnage aussi grotesque que réaliste. Enfin, citons Julie Ferrier, la révélation de ce film : juste, sensible... quoique trop peu à l'écran. Mais qui l'est suffisamment dans ce "Paris"? La frustration est immense, même si, au générique de fin, c'est bien l'émotion et le sentiment d'avoir assisté à du grand jeu qui domine.