Share/Bookmark
[archive cinéma]
Lady Jane

genre: policier / durée: 1h42


réalisateur
Robert Guédiguian
comédiens
Ariane Ascaride, Jean-Pierre Darroussin, Gérard Meylan
producteur
Agat Films & Cie
scénaristes
Robert Guédiguian, Jean-Louis Milesi

  • le 09-04-08

    infos: Genre : policier. Durée : 1h42.


critique
+___ La ville n'est pas tranquille

Affiche Affiche

Forum
Soyez le premier à donner votre avis
[critique]

+___ La ville n'est pas tranquille

par Anne Eyrolle le 25-03-08

Quand le fils de Muriel (Ariane Ascaride) est enlevé en échange d'une demande de rançon, l'ex-voyou devenue commerçante ne voit pas d'autre solution que de rappeler ses deux amis d'enfance avec lesquels elle formait une bande d'escrocs rebelles dans les années 60. Les retrouvailles ont lieu, même si elles sont forcées et peu enthousiasmantes. Parce que les temps ont changé, que François (Jean-Pierre Darroussin) le veuille ou non, on ne refait pas le passé; Muriel s'est embourgeoisée, René (Gérard Meylan) s'est ramolli, et les Rolling Stones ne chantent plus "Lady Jane"... Entre nostalgie et désir de vengeance, la veille équipe se reforme tout de même, non plus, comme à l'époque, pour servir la cause des plus pauvres et égratigner les riches, mais pour assoupir la colère d'une mère seule.

Quand Guédiguian se met au polar, cela donne de la nuit qui tombe sur les rues de Marseille, de l'accent jusque dans les règlements de compte entre un gérant de bar et le propriétaire des machines à sous, des virées meurtrières du côté du vieux port. Et un portrait juste de l'évolution de la gauche des années 60, rebelle hier, avide de confort pépère aujourd'hui.

La mise en place du cadre et des personnages se déroule plutôt bien, lentement, mais finement. La tension, sans être insupportable, subit quelques pics, les relations entre les trois anciens amis déroulent peu à peu leurs fils compliqués et on s'y attache. Dans son désir de profiter de ces retrouvailles pour se raccrocher au passé et échapper à un présent qui l'ennuie, le personnage de François est touchant. La distance impavide prise par René est particulièrement convaincante -par sa prestance mutique, Gérard Meylan a tout d'une formidable figure de polar traditionnel. La personnalité plus ambiguë de Muriel est, elle, moins facile d'accès, un peu trop confuse de bout en bout, mais elle se laisse suivre...

Le temps de saisir l'intrigue et de faire connaissance. L'heure qui suit, en revanche, passe beaucoup moins bien. Le polar n'est bientôt plus qu'une succession de flashs back et de révélations sans poids livrées avec lourdeur. Péniblement, le dénouement s'impose enfin sans surprise et tous se séparent sur un air de "Tout çà pour çà" que le spectateur serait tenté de reprendre en choeur. Pour son premier pas dans le polar, Guédiguian passe un peu à côté du genre -quoique les fans et connaisseurs seront satisfaits par une réalisation restée éminemment "guédiguiane".