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[archive cinéma]
Sex and the city - le film

genre: comédie / durée: 2h25


réalisateur
Mickael Patrick King
comédiens
Sarh Jessica Parker, Kim Cattrall, Cynthia Nixon, Kristin Davis
scénariste
Mickael Patrick King

  • le 28-05-08

    infos: Genre : comédie. Durée : 2h25


critique
+___ Sex and the publicity

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[critique]

+___ Sex and the publicity

par Marie-Pierre Créon le 29-05-08

On les attendait avec impatience, ces quatre newyorkaises, copines cathodiques répondant au nom de Carrie, Miranda, Charlotte et Samantha. Depuis qu'elles avaient cessé d'arpenter en 2004 la Big Apple avec leurs escarpins vertigineux, le petit écran était un peu gris... Plus d'histoires croustillantes, plus de chiffons, plus de Cosmopolitan bien tassés entre leurs doigts manucurés. Et, au bout de quatre années de lutte, de scénarii jetés à la poubelle, de caprices d'actrices, le voici enfin, Sex&the City : le Film, titre annonçant les choses en grand. Une promo menée tambours battant depuis la rentrée 2007, accumulation des rumeurs, fake en tous genres sur le web, photos de tournages volées, reportages exclusifs dans les rues de New York, transformée pour le coup en studio géant, on n'en pouvait plus !

Enfin, la torture s'est achevée mercredi 28 pour des millions de fans dans le monde embarqués pendant 2h20 dans l'univers de la série culte. Les premières notes de piano du générique retentissent, comme un souvenir lointain. C'était l'heure de se mettre sur son canapé, pyjama comme tenue commando et mug rempli de thé pour accompagner les aventures sentimentales et sexuelles des filles. Mais nous sommes au cinéma et là, tout change, y compris la musique qui tout à coup dérape en remix par Fergie, signe que les temps ont changé. Nos camarades aussi devenues des quadras rayonnantes. Carrie travaille pour Vogue et s'apprête à convoler avec Mr.Big, Miranda est devenue une superwoman active sur tous les fronts, Samantha vit à L.A pour s'occuper de la carrière de son jeune éphèbe et Charlotte papillonne béatement dans son bonheur conjugal. Mais dès le début, le public comprend vite que le film est devenu également un prétexte au placement de produits, spécialité du cinéma américain. Et, ce qui se limitait dans la série à une utilisation raisonnable de Starbucks ou de Manolo, prend ici des proportions vertigineuses ; les premières scènes du film débordant de cartons Louis Vuitton, Chanel, Dior et autres marques de prestiges. Les personnages sont griffées de la tête aux pieds, téléphone portable y compris. Plus que tout, leur pouvoir d'achat, déjà très confortable à l'époque de la série, se trouve démultiplié au-delà de toute crédibilité : tenues haute-couture portées au quotidien, train de vie à faire déprimer Donald Trump, fonctions professionnelles floues, on nage dans l'improbable. Nos héroïnes sont devenues ‘Barbie à New York' sans que cela soit tout à fait désagréable pour le public qui sourit face à autant de situations fantasmatiques.

La présence vaguement utile de Jennifer Hudson conforte l'idée du quotat pour attirer le public le plus ethnique possible. Bien sûr, on n'échappe pas au cliché : l'envie de tenter sa chance à New York pour gagner plus et trouver l'amooooooour... Oh, my God ! Bêtise ou provocation, son personnage trop fauché pour se payer un vrai Vuitton les loue sur internet, adresse publicitaire à l'appui pour les non-initiés. Car, pour exister de nos jours, il faut s'accessoiriser, au risque que l'on regarde plus votre sac à main que votre figure. Qu'importe ! Vous faites parti du club des it girls qui possèdent les must déclarés permis de circuler par la presse féminine. Sex & the City y travaille pour cela.

Le film est donc une succession de défilés, avec une intrigue parfaitement calibrée, pêchant par un manque d'originalité. L'humour est toutefois au rendez-vous, avec les piques qui font mouche. Il faut en profiter, elles ne sont pas copyrightées... Les retrouvailles sont émouvantes, on se laisse glisser dans le monde merveilleux du rien : mode, publicité, événementiel, médias... C'est doux, sans risque. Un peu longuet tout de même. Mais on reste pour avoir la réponse à l'ultime question : Carrie va-t-elle épouser son cher John ? Et sous quel label ? Rappelons que 163 marques sont présentes dans le film, devenu une vaste vitrine aux dépends de la série originelle. Seul personnage lucide, Mr.Big a le mot qui convient pour qualifier cette entreprise mercantile : " Beaucoup trop de publicité et pas assez d'amour... "