genre: comédie / durée: 1h33
Jean-Michel Ribes
Patrick Haudecoeur, Annie Gregorio, Valérie Mairesse, Eva Darlan, Michel Blanc, Victoria Abril, Josiane Balasko,
Pierre Arditi, Gérard Jugnot, Isabelle Carré, Muriel Robin, Valérie Lemercier,
Julie Ferrier, Fabrice Luchini, André Dussolier,
Dominique Pinon,
Xavier Gallais,
Guillaume Gallienne,
Loïc Corbery, Jean-Damien Barbin,
Micha Lescot, Yolande Moreau,
François Morel
Jean-Michel Ribes
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Moyen bien
par Anne Eyrolle le 15-11-08
Les musées sont des lieux où chacun vient exposer en toute impunité un peu de la vérité de son être. Ici les impressionnés, là les faux savants, là ceux qui se cherchent dans le regard de l'artiste, ici ceux qui n'y trouvent rien... La confrontation à l'oeuvre d'art est toujours une mise à l'épreuve. Et vous, qui êtes-vous dans un musée? Série de tableaux où défilent, cherchent et se cherchent des visiteurs dans un musée imaginaire, la pièce " Musée Haut musée bas " était un petit bijou de fantaisie et de finesse. D'esthétique, aussi : sur scène, on se croisait et se mêlait dans un ballet ultracoloré pour le plus grand bonheur des yeux, quand l'esprit, lui, se délectait des répliques pertinentes et souvent hilarantes de Jean-Michel Ribes.
Le projet d'en faire un film pouvait à la fois réjouir et inquiéter : réjouir parce que c'est assez de dire qu'il n'y a plus de réalisations françaises audacieuses. Jean-Michel Ribes tenait là une excellente idée et jamais vue, comment ne pas le féliciter de vouloir nous en faire profiter une deuxième fois, celle-ci dans une salle de cinéma? L'inquiétude tenait au fait que, pour coller aux exigences grand public posées par les producteurs, on craignait de voir estompé l'esprit résolument décalé, loufoque et surréaliste qui donnait à la pièce sa truculence. Et que n'en reste, au final, qu'un défilé sans folie de personnages caricaturaux dans un musée.
Que les amateurs de la pièce se rassurent : Ribes a eu le droit de conserver son grain de folie. Pour preuve, deux de ses représentants les plus vifs sont toujours là : Sulki et Sulku, ces faux jumeaux et vrais miroirs de l'art lui-même s'il pouvait se regarder poser. Leurs apparitions sont des virgules délirantes et interrogatrices qui ponctuent le film au risque de la déconcertation. Reste également, l'expérience artistique vécue par un groupe devenant oeuvre rien qu'en habitant une salle vide : jusqu'où peut-on parler d'art? Que sommes-nous prêts à croire et à vivre pour ne pas passer pour des incultes insensibles ? Sous le rire, toujours, la mise en question. Moins finaud mais drôlissime, le petit groupe mené par Gérard Jugnot, sortes de Bidochon au Musée pour qui l'art moderne commence et s'arrête avec les impressionnistes. On rit aussi des quelques répliques lancées par Valérie Lemercier à son alter ego en apprentissage de snobitude.
On sourit moins, avec d'autres, franchement lourdots : le groupe de Patrick Haudecoeur et sa bande de jeunes anglaises lassent vite, la vie dans les sous-sols, où l'on joue des scènes de tableaux sans le savoir et où l'on retrouve des sans papiers dans les caisses d'oeuvres africaines : des idées qui amusent peut-être à l'instant où on les trouve mais qui, une fois filmées, manquent de saveur et d'intérêt.
C'est donc à une série de saynettes inégales que se prêtent ce casting à faire pâlir d'envie un Thomas Langmann. Ces comédiens ne sont pas pour rien dans l'impression générale de déséquilibre : certains s'adonnent à des numéros qui virent au cabotinage et qui donnent parfois le sentiment que dans cette réunion de grands noms, on s'est surtout préoccupé de tirer la couverture à soi. Dans l'ensemble, pourtant, les tableaux s'enchaînent plutôt bien, grâce à une intrigue générale qui sert de liant : le retour de la nature venue envahir les lieux de culture. Le clin d'oeil anti-écolo peut faire sourire. Comme l'ensemble de ce film qui, sans offrir une franche rigolade de bout en bout, réussit le défi de ne pas faire déshonneur à la pièce.
Comédien, metteur en scène, écrivain, réalisateur, scénariste français né à Paris.
l a notamment écrit et réalisé : -pour le théâtre, une vingtaine de pièces, dont "Les Fraises musclées" (1970), "Tout contre un petit bois" (1976), "Théâtre sans animaux" (2001, Molières de la meilleur pièce comique et du meilleur auteur)) et "Musée Haut, Musée Bas" (2004, sept nominations aux Molières, Molière de la révélation théâtrale pour Micha Lescot). -pour la télévision, de nombreux téléfilms et les deux séries cultes "Merci Bernard" (1982 à 1984) et "Palace", -pour le cinéma, Rien ne va plus (19...
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