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[archive cinéma]
Dans la brume électrique

genre: policier / durée: 1h57


réalisateur
Bertrand Tavernier
comédiens
Tommy Lee Jones, John Goodman, Peter Sarsgaard

  • Sortie le 15-04-09

critique
+___ Sans surprise

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[critique]

+___ Sans surprise

par Aurélie Martin le 18-04-09

Après l'Afrique (Coup de torchon), l'Asie (Holy Lola), Bertrand Tavernier traverse l'Atlantique et signe Dans la brume électrique, adaptation du roman de James Lee Burke. Une production hollywoodienne et Tommy Lee Jones en tête d'affiche : le grand nom du cinéma français a de quoi faire parler de lui. Un projet de coeur pour ce passionné de culture américaine.

L'histoire nous transporte aussitôt dans les grands thèmes du cinéma américain. C'est d'abord le souvenir de "No country for old men" qui vient à l'esprit, à la vue de Tommy Lee Jones, toujours porteur de son étoile de chérif. Ici, il mène de front deux enquêtes sans lien apparent : le meurtre d'une jeune prostituée et la découverte du cadavre d'un homme noir dans les marécages. Deux tableaux pour deux mondes et deux époques qui se croisent : la Louisiane d'aujourd'hui, minée par la mafia crapuleuse, et celle d'hier, tourmentée par le souvenir de la Grande Histoire et du racisme.Le liant, c'est l'atmosphère, brumeuse, putride et menaçante.

Mais très vite, l'intrigue est reléguée au second plan. Tavernier prend à bras le corps cette Louisiane de l'après Katrina pour en explorer l'ambiance fétide. Au coeur des marécages brumeux, les cadavres nauséabonds côtoient les apparitions fantomatiques d'un officier confédéré. Entre réalisme et hallucination, Tavernier filme la Louisiane dans sa profondeur, dans ses douleurs... Terriblement américain.

"Dans la brume électrique" est un film lent, soigné. Un polar qui ne fait pas frémir par son intrigue, sans originalité, voire cliché, mais qui peut éventuellement envoûter par l'atmosphère qui l'envahit. Pesante, tourmentante, elle embrume l'esprit du personnage central, incarné avec une sombre intensité par Tomy Lee Jones. Dans le brouillard épais, le temps se dilate... Jusqu'au dénouement, étonnamment rapide et sans surprise; après une longue heure et demie à soigner l'ambiance et le suspense, les réponses émergent très -trop- vite. Mais restent à l'esprit l'atmosphère et l'image d'un Tommy Lee Jones inspiré.