Share/Bookmark
[archive cinéma]
Gamines

genre: comédie dramatique / durée: 1h47


réalisateur
Eleonore Faucher
comédiens
Sylvie Testud, Jean-Pierre Martins, Amira Casar

  • Sortie le 16-12-09

critique
++__ La revanche d'une blonde

Affiche Affiche Scène de la vie ordinaire d'une italienne trop blonde... Scène de la vie ordinaire d'une italienne trop blonde...

Forum
Soyez le premier à donner votre avis
[critique]

++__ La revanche d'une blonde

par Anne Eyrolle le 15-12-09

Entourée de deux soeurs, d'une mère dévouée et d'une large famille chaleureusement italienne, Sybille n'est pourtant pas une enfant tout à fait comme les autres. D'abord elle est blonde et sa peau ne supporte pas le soleil, ce qui jure dans cet environnement de bruns habitués aux chaleurs du grand sud. Et puis, elle n'a pas de père. A peine une photo qui justifie sa propre blondeur. Pas facile à porter quand, autour de soi, tout le monde essaie d'étouffer le souvenir de cet homme jugé bon à rien et nuisible. Et avec ça, on voudrait qu'elle grandisse comme les autres enfants, dans l'insouciance des repas de famille?

Si la réalisatrice Eleonore Faucher a choisi d'adapter le roman autobiographique de Sylvie Testud, c'était, dit-elle, pour faire un film sur l'enfance. Rien de plus. Rendre compte de cette atmosphère si particulière, où se mêlent nostalgie et fuite en avant, légèreté et gravité, secrets et crises. Et elle y parvient. Son "Gamines" a toutes les odeurs de l'enfance. Le casting y est pour beaucoup : avec un naturel remarquable, les trois plus jeunes comédiennes nous ramènent dans les préoccupations de fillettes. Amira Casar est une mère italienne parfaite, attachante, sans excès et Jean-Pierre Martins crève l'écran. Beau, fort, dur, trop dur, mais si solide, rassurant... On comprend sans peine ce que toutes les femmes de sa famille ressentent pour lui.

Un film juste, sincère. Réussi, donc. Et pourtant un peu long. La faute à quelques maniérismes dont la réalisatrice de Brodeuses n'a pas su se défaire. Ces ombres du présent qui flottent régulièrement entre deux plans d'enfance sont inutiles, alourdissantes. Eléonore Faucher brode dans les contours d'une histoire qui se suffirait amplement à elle-même. Dommage. D'autant plus qu'elle en oublie, au passage, l'humour qui traversait le roman...

Mais la scène de fin, indispensable, fait oublier ces défauts. Sans un mot et en un éclat de larmes, Sylvie Testud donne à son propre personnage un éclairage bouleversant de vérité. Et rend hommage au courage de l'enfance : la gamine qu'elle était n'avait jamais pleuré comme ça.