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[archive cinéma]
Pee Wee

genre: divers / durée: 1h30


réalisateur
Tim Burton
comédien
Paul Reubens

  • Sortie le 28-02-07

critique
+++_ Pee Wee? Oh oui !

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[critique]

+++_ Pee Wee? Oh oui !

par Marianne Schönwasser le 28-02-07

Prenez un réalisateur débutant chargé par le studio Warner de transposer à l'écran un fameux show télévisé pour enfants. A priori, ça sent la cata assurée. Sauf qu'en l'occurrence le jeune réalisateur s'appelle Tim Burton. Sa mission consiste donc, en cette riante année 1985 à porter à l'écran un film mettant en scène le héros d'un show de la HBO, Pee-Wee Herman, interprété par Paul Reubens. L'argument du film est des plus balots : Pee-Wee habite une maison rigolote, remplie de gadgets zinzins, et possède une superbe bicyclette rouge de compèt'. Problème : il se la fait salement voler. Commence dès lors une odyssée à travers les USA pour remettre la main sur le vélo chéri.

Oui, effectivement, dit comme ça, ça fait peur. Sauf que Pee-Wee's Big Adventure pose les jalons de l'univers burtonien : la fascination pour le mécanique (la séquence du petit déjeuner rappelle étrangement les scènes d'ouverture d'"Edward aux mains d'argent" ou de "Charlie et la Chocolaterie") ; un adulte qui refuse de grandir (Pee Wee, comme Le Pingouin ou Willie Wonka refuse le monde des adultes) ; un univers bariolé aussi fantaisiste qu'inquiétant (la suburb d'"Edward aux mains d'argent", les USA de Pee-Wee) ; la collaboration avec le compositeur Danny Elfman qui use et abuse des cuivres pour la plus grande joie du spectateur.

Mais ce qui rend Pee-Wee encore plus intrigant, c'est sans doute que dans ce film formaté par les studios pour toucher un public enfantin, Tim Burton passe son temps à jouer sur l'ambiguïté sexuelle du personnage. Pour preuve la peur panique qui saisit Pee Wee à chaque fois que la sémillante Dottie, vendeuse du magasin de vélo, lui fait un peu de gringue. A (re)voir également la scène d'anthologie où Pee-Wee joue en toute innocence sur l'homophonie entre " but " (mais) et " butt " (le derrière). De même, plane sur la fuite en voiture de Pee-Wee avec un taulard qui l'a pris en auto-stop comme un air de romance... A l'heure où, toujours, les producteurs de studio embauchent à tour de bras des réalisateurs malléables pour garder le contrôle sur le film, Tim Burton fait figure d'exemple. Certes Pee-Wee's Big Adventure permet au spectateur de découvrir que son goût pour la fantaisie est à la base même de son cinéma . Mais surtout, ce premier opus montre le réalisateur d'Edward aux mains d'argent en plein exercice de joyeux sabotage au nez et à la barbe des studios : faire de l'idole des enfants une véritable icône gay.

Marianne Schönwasser