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[archive danse]
Roméo et Juliette - Sasha Waltz

genre: divers / durée: 1h30


chorégraphe
Sasha Waltz
compositeur
Hector Berlioz
danseurs
Aurélie Dupont, Hervé Moreau, Nicolas Paul

  • du 05-10-07 au 20-10-07
    75008 Paris
    tel: 0 892 89 90 90
    site: www.opera-de-paris.fr

    infos: Première 5 oct. 2007 19h30 Représentations 7 (14h30), 8, 9, 11*, 12, 15, 16, 17, 20 oct. 2007 19h30

    prix: de 5 € à 130 €

critique
+___ amants transis

Aurélie Dupont et Hervé Moreau Aurélie Dupont et Hervé Moreau

Forum
[02-11-07 par concorde]: «SAsha W à Granier , création»
Merci à AURELIE DUPONT et HERVE MOREAU d e leur engagement dans cette pièce lyrique Dansée ...
[critique]

+___ amants transis

par Louis-David Mitterrand le 10-10-07

C'était écrit en grosses lettres: SUPERPRODUCTION. On prend Shakespeare, Sasha Waltz, Berlioz, les danseurs et les choeurs de l'Opéra de Paris. Que du beau linge et plus de 100 personnes sur scène, sans compter l'orchestre au complet. La grosse artillerie quoi. Résultat des courses? Un grand bâillement collectif. Une salle totalement silencieuse. Des voisins qui dorment, dont un qui ronfle derrière moi. Bien sûr les artistes sont longtemps remerciés à la fin, par un public un peu désolé de ne pouvoir faire plus.

Fallait-il une preuve supplémentaire de la distance énorme entre une bonne idée et son exécution? Sur le papier un tel assemblage pouvait paraître séduisant, voire irrésistible à la direction de l'Opéra. La chorégraphe Sasha Waltz se devait de relever un tel défi: monter Roméo et Juliette, réinterpréter l'oeuvre dans un contexte inédit, sans l'ombre portée de l'immense ballet de Prokofiev. Sauf que la comparaison est inévitable, ne serait-ce qu'au simple bilan de l'émotion. Or le ballet de Sash Waltz en est singulièrement dépourvu.

L'instant de la première rencontre des amants passe à l'as. On ne les voit pas en arrêt, soudain seuls au monde. Il y a un grand pas de deux, certes, mais les danseurs n'ont pas de regard l'un pour l'autre. Une danse rapide, mécanique, inexorable ne leur en laisse pas le loisir. Difficile dès lors de s'attacher à des personnages si minces. La mort de Roméo et Juliette devient un évènement presque anodin. Un comble. La tragédie est escamotée au profit d'astuces de scène, de décor, d'histoire. Roméo est juif et leur mariage secret célébré par un rabbin vêtu à la manière des loubavitch. La scène finale, où les deux clans rassemblés constatent le désastre, devient celle d'une condamnation du communautarisme.

Utile message de tolérance mais qui ne transporte pas le spectateur. Il y a un indéniable travail, une recherche esthétique, quelques instants intéressants dans cette oeuvre. On aimerait tant pouvoir l'aimer plus.