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[archive danse]
Une sorte de...

genre: contemporain / durée: 0h35


chorégraphe
Mats Ek
compositeur
Henrick Mikolaj Gorecki
danseurs
Nolwenn Daniel, Nicolas Le Riche, Miteki Kudo, Benjamin Pech

  • du 26-04-08 au 11-05-08
    75008 Paris
    tel: 0 892 89 90 90
    site: www.opera-de-paris.fr

    infos: 28, 30 avr., 2, 3 (14h30/20h), 4 (14h30), 5, 8, 9, 10 (14h30/20h), 11 (14h30) mai 2008 19h30

    prix: de 6 € à 63 €

critique
+___ Mignon, sans plus

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[critique]

+___ Mignon, sans plus

par Louis-David Mitterrand le 30-04-08

Si Mats Ek n'a pas trouvé de titre pour cette pièce, il n'a pas été en panne d'inspiration dans la création elle-même. Ce monde a la couleur, l'aspect et la texture d'un rêve, avec sa cohorte de phobies et fantasmes assumés. Un homme habillé en femme étreint une femme habillée en homme devant un mur immense, percé d'une petite ouverture qui laisse apercevoir un étrange manège. L'homme va y entrer avec une valise contenant la femme. A l'intérieur, d'autres rencontres, brèves, autour du désir et de la solitude au milieu d'une foule d'individus loufoques maniant des ballons que d'autres percent.

Cette pièce de 35 minutes créée en 1997 et présentée en seconde partie de "La Maison de Bernarda", nous présente un Mats Ek avec 20 années de plus. Intéressant contraste donné par la juxtaposition des ces oeuvres pour apprécier le parcours d'un chorégraphe, son rapport avec l'époque. Si la grammaire n'a pas beaucoup varié, le vocabulaire s'est enrichi. Les sujets n'ont rien à voir, bien sûr, mais une prise d'assurance, une moindre tendance à se justifier, sont perceptibles. Pourtant, on peine à sortir du pur spectacle, visuellement agréable, mais dont le propos reste bien vague. Le rêve, certes, n'a pas besoin d'explication. Sauf en ce qu'il contient sa part de refoulement. Ici, le miroir inverse de l'être semble par trop innocent. Où sont les monstres tapis dans les recoins de l'inconscient? Ce sont ceux là qu'on voudrait voir. "Appartement" m'avait semblé beaucoup plus féroce, pertinent. Et, au passage, bien plus drôle.

Comme pour la pièce précédente, pas de musiciens, mais une bande enregistrée. Comme si la musique n'était qu'un accessoire de la danse, alors qu'elle lui est consubstantielle. Ce choix artistique apparemment anodin est un manque de respect pour le public, compte-tenu du lieu et des moyens disponibles. Pendant ce temps, d'excellents musiciens de jazz (ils savent tout faire) crèvent de faim.