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[archive danse]
The Song - A.T. De Keersmaeker

genre: contemporain / durée: 2h00


chorégraphes
Anne Teresa De Keersmaker, Ann Veronica Janssens, Michel François


critique
- Mal au cul

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[critique]

-___ Mal au cul

par Louis-David Mitterrand le 25-06-09

Voilà un spectacle qui fait mal au cul. Sinon comment expliquer qu'un grand nombre de spectateurs se lèvent et partent avant la fin? Etonnante Anne Térésa De Keersmaeker (ATK), qui lâche une dizaine de danseurs sur un plateau nu, comme une poignée de dés. Et pour la musique démerdez-vous les gars. De fait le public est gratifié d'une chanson beuglée à la guitare par un barbu. Le titre est sauf. Pour le reste quelques bruitages, des cris, guère plus.

Figurez-vous un centre d'accueil pour handicapés mentaux. Vous passez deux heures dans la cour de récréation. Effectivement, il ne se passe pas grand chose. A part bien sûr des gens qui courent les uns après les autres (parfois à reculons), s'amusent à tomber, prennent la pose, éructent. Derrière moi un type faisait "hin, hin" avec sa copine, comme s'il avait tout compris. Il a juste arrêté après la première demi-heure, quand les spectateurs on commencé à partir. Dans un flot a peu près continu.

Pour certains chorégraphes c'est le signe qu'ils ont touché au but. Le départ du public est l'aboutissement d'une démarche artistique. Mais ce n'est pas le genre d'ATK. On est pas chez Jan Fabre, personne ne vient chier sur scène. En l'occurrence il s'agit juste d'un ratage. Si la maturité d'un artiste est de retirer tout l'inutile pour atteindre l'épure, là je crois qu'elle a trop retiré. Il manque l'essentiel, c'est à dire l'émotion. Révolte, pleur ou rire, peu importe mais donne-moi quelque chose.

Plutôt décevant pour une création mondiale. Et atypique en regard de ses oeuvres passées. Où est passée l'énergie, la précision affolante, l'envoûtement des expérimentations sonores avec un Steve Reich? Où est l'éblouissante ATK? Le public incrédule s'interroge.