genre: divers
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La photo intellectualisée... à l'excès
par Clémence de Cambourg le 10-02-07
Les nouveaux travaux de l'artiste Gabor Osz, présentés à la Galerie Loevenbruck jusqu'au 3 mars sont au premier coup d'oeil graves et inquiétants. Ils nous rappellent ces images - ou visions - confuses et floues, extraites de nos rêves les plus absurdes et embués. Bien sûr, on ne peut pas se contenter de jeter un bref coup d'oeil aux photographies grand format de l'artiste Hongrois installé à Amsterdam. Ses images nous plongent dans un environnement mental complexe. Osz intellectualise de façon peu commune son approche en photographie. Bilan : séduisant d'un point de vue cérébral mais ennuyeux. Et si on s'enquiquine, c'est pour une raison extrinsèque à l'artiste.
Avec Gabor Osz, on est étonné d'apprendre que ses productions sont des photographies. On est pourtant certain d'avoir devant soi des peintures. Mais non, on ne rêve pas, Gabor Osz propose là une série de tirages numériques. L'artiste s'explique : " Dans l'espace réel, les murs et les portes ne sont ni plus ni moins que des surfaces couvertes de peinture. C'est peut-être pour cette raison que l'image infographique d'une pièce peinte renvoie à la peinture". Intéressante appréciation mais peu convaincante. Osz ensuite clarifie: " Un agrandissement (photographie numérique, ndlr) très poussé éparpille les pixels, créant des espaces blancs dénués de toute information. Afin de rendre visible la vacuité des pièces et l'inoccupation de l'espace il faut éliminer le vide entre les pixels ". Ainsi, grâce à un gestionnaire de photo, l'artiste applique une technique de clonage permettant de modeler une image à partir de pixels existants. " Cela donne des images qui produisent un effet singulier à plus d'un égard, surtout parce qu'elles ressemblent étonnement à des peintures ou des dessins traditionnels ". Le résultat, il faut l'avouer, est étonnant. On retrouve en effet la densité produite par le coup de pinceau. Et le vide devient plein.
Ces images (et surtout la conceptualité les encerclant) éveillent en nous des interrogations singulières sur la perception physique de l'espace, en l'occurrence clos et vide. Mais observer ces travaux sur les murs plus blancs que blanc de la galerie s'avère problématique. La mise en valeur n'est clairement pas optimale, ni l'éclairage. Si déjà cette série de photographies est complexe à intégrer, on s'ennuie à observer ces pièces débarrassées de leurs meubles dans cet environnement minimal propre aux galeries. On se voit déambuler dans un hôpital. Blanc sur blanc, c'est glaçant. Dommage pour un artiste à l'esprit bouillonnant comme Osz.