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[archive exposition]
Controverses - Photographies à histoire

genre: photographie


artiste
Divers

  • du 03-03-09 au 24-05-09
    58 rue de Richelieu, 75002 Paris
    tel: 01 53 79 59 59
    site: www.bnf.fr

    infos: Mardi-samedi de 10h à 19h, dimanche de 12h à 19h
    Fermé lundi et jours fériés
    Ouverture jusqu'à 20h les jeudis, vendredis et samedis à partir du 2 avril

    prix: de 5 € à 7 €

critique
++__ le débat continue

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[critique]

++__ le débat continue

par Aurélie Martin le 31-03-09

Le projet est inédit. Issue du livre de Christian Picker et Daniel Girardin, l'exposition " Controverses, photographies à histoires " réunit 80 images qui ont fait débat et procès. Un véritable laboratoire de réflexion sur les enjeux de cet art visuel, largement nourri par la polémique.

L'exposition s'ouvre sur des clichés apparemment inoffensifs : portraits du mime Debureau (Surprise, Félix Nadar, 1855), du comte de Cavour (Mayer et Pierson, 1856) ou d'une enfant travaillant au champ (Texas cotton picker, Lewis Hine, 1912). Pas d'images " choc ", contre tout attente... En réalité, cette entrée en matière est une mise en garde : il ne faut jamais sortir l'image de son contexte. Car ces tirages, aussi anodins soient-ils, ont posé les bases du statut photographique : reconnaissance du droit d'auteur pour l'un, la photo comme oeuvre d'art pour l'autre ou comme document pour le dernier.

Très vite, des images capturent le regard. Et avec elles, une question s'impose : peut-on véritablement tout montrer ? Un cliché de fillette nue ou celui d'un crucifix dans un bain d'urine (Piss Christ, Andres Serrano, 1989). Obscénité, hérésie, pédophilie... La photographie est continuellement soumise au critère de l'acceptable versus l'inacceptable. Selon les cultures et le temps, la réceptivité peut être violente ou tranquille. C'est la fragilité de cet art qui s'annonce, a priori, comme un langage universel.

Pourtant, en 150 ans d'histoire de la photographie, ce sont toujours les mêmes questions qui ressurgissent. Comme le problème de la véracité et de la manipulation : il suffit à Staline de supprimer la tête du chef du NKVD d'une photo (anonyme, Molotov et Iejov, 1938) pour faire de l'image un instrument au service du pouvoir.

Lewis Carroll, Robert Capa, David Lachapelle, ces grands noms de la photo s'accompagnent d'une charge polémique. Et si procès il y a, force est de constater qu'au travers de l'exposition, raison est donnée au photographe. Mais est-ce toujours juste? L'image soulève les questions, sans apporter de réponse.

Dans un monde saturé d'images, " Controverses " rappelle que la photographie est un art fragile, sans cesse confronté aux problèmes de droit et d'acceptation morale. Aujourd'hui encore, de nombreuses images d'un réalisme sanglant ne connaîtront pas les papiers glacés des magazines. Entre préservation d'une éthique sociale et appel à la vérité, le débat continue.