Share/Bookmark
[actualité musique]
ANDREW BIRD - Noble Beast

genre: pop


artiste
image disponible Andrew Bird
label
Bella Union

  • Disponible le 02-02-09

critique
++__ Opulent mais sans passion

Pochette Pochette

Forum
Soyez le premier à donner votre avis
[critique]

++__ Opulent mais sans passion

par Dave Kouliche le 22-01-09

A bien des égards, Noble Beast marque un retour en arrière dans la carrière de l'auteur-compositeur-interprète Chicagoan Andrew Bird, qui livre un dixième album solo tellement "birdien" qu'il en est presque caricatural. De facture extrêmement classique, l'objet est inoffensif et un peu pantouflard, loin des tentatives plus expérimentales de son précédent opus, Armchair Apocrypha, sorti en 2007. D'un romantisme mollasson, il contient néanmoins quelques chansons ouvragées et complexes révélatrices d'un talent de composition incontestable.

Virtuose du violon, dont il a commencé l'étude à l'âge de quatre ans, et ancien musicien de jazz, Bird tâte aussi de la guitare, des synthétiseurs, de la mandoline et même du glockenspiel. Il fait partie de ces artistes, comme Will Oldham ou -dans un tout autre genre - Prince, capables de s'enfermer dans un studio et d'en ressortir, quelques semaines plus tard, avec un album complet entièrement réalisé par leur soin. Même s'il s'entoure souvent d'un groupe sur scène, il lui arrive également de s'y tenir seul, avec un sampler, un violon et une guitare pour toute compagnie. Avec de telles dispositions et une palette aussi large, on comprend les raisons de sa méticulosité et de son goût pour les orchestrations riches voire légèrement outrancières où les cordes, qu'elles soient frottées ou pincées, se taillent une place de choix.

Mais à force de brosser l'auditeur dans le sens du poil, ce conglomérat savant devient simplement rébarbatif. On entend ici des envolées organiques façon Arcade Fire ("Fitz & Dizziespells"), là un groove languide à la Radiohead ("Nomenclature", "Masterswarm"), mais on ne parvient que rarement à partager les douleurs et les joies du musicien. Le folk vaguement celtique d'"Effigy" n'en reste pas moins splendide, comme la très country "Tenuousness", avec son violon joué pizzicato, ses hand claps et ses relents de flamenco. Les morceaux les plus audacieux, tels "Anonanimal" ou "Not A Robot, But A Ghost", sont de totales réussites. Sur le premier, Bird s'amuse à briser une narration pop classique et progressive en y incorporant un break rythmique R&B, claquements de doigts à l'appui. Sur le second, il fait cohabiter en bonne intelligence guitares saturées et beat électronique, tandis qu'il raconte étrangement qu'il va mettre un terme à la guerre en craquant un code informatique (sic).

Le plus souvent, cependant, le trentenaire se contente de laisser son charme naturel agir, répétant la formule de son album de 2005, The Mysterious Production of Eggs : atmosphère bucolique, sifflotement primesautier et mélodies suffisamment simples pour fédérer la middle-class américaine. Bien sûr, il faut pouvoir se le permettre. Mais ceux qui connaissent le potentiel de l'artiste savent qu'il est capable de faire bien mieux que ce disque trop long, mielleux, et pas toujours captivant.

[bio]
artiste: Andrew Bird
Andrew Bird

Andrew Bird est un chanteur et musicien américain. Né dans l'Illinois, il vit actuellement près de Chicago. Cet auteur-compositeur est violoniste de formation.

Collaborateur chevronné et sollicité, notamment par Neko Case, The Autumn Defense et la Handsome Family, il a commencé véritablement sa carrière commerciale avec sa collaboration avec le groupe Squirrel Nut Zippers et l'album Thrills. Poursuivant avec son groupe Bowl of Fire, Bird offre un folk nourri de multiples influences : ambient, rythme latin, rock, musique classique et pop.

Bird se lance en solo et sort deux albums, Weat...

[lire la suite]