Jules Renard
  • né le 01-01-1864

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De vieille souche paysanne et nivernaise, du côté paternel, il fait, au lycée de Nevers, des études suffisamment brillantes pour qu'on l'envoie à Paris préparer l'École normale supérieure. Il y renonce vite, décidé à tenter sa chance dans les lettres. Son mariage en 1888 avec une toute jeune fille lui apporte une certaine aisance, lui permet d'éditer ses nouvelles, à compte d'auteur, et de participer à la fondation du Mercure de France, où il commence à se faire connaître comme critique et comme prosateur.

Dans Sourires pincés, son vrai début, Coquecigrues, La Lanterne sourde et Le Vigneron dans sa vigne, les histoires villageoises se mêlent aux croquis parisiens. L'Écornifleur et La Maîtresse, écrits en réaction contre les romans psychologiques et mondains (Bourget, Maupassant), relatent les aventures sentimentales peu reluisantes d'un pâle homme de lettres, l'une dans un ménage bourgeois, l'autre avec une femme entretenue. C'est l'impitoyable constat du médiocre et du banal.

L'exemple et la réussite de ses amis (Rostand, Bernard, Capus) l'amenèrent à écrire pour le théâtre. Le théâtre de Renard sort de son oeuvre et de ses expériences. Il tourne autour du couple, du mariage et de la famille. On y retrouve les qualités de sa prose, dans la sobriété et la densité des répliques.

Attiré par le socialisme, lié avec Jaurès et Blum, il se sent une âme d'apôtre. Ardent dreyfusard, antimilitariste et anticlérical, il mène dans L'Écho de Clamecy le combat pour son idéal laïc et républicain. Il fait des conférences aux paysans et aux instituteurs. Si, à Paris, il est " paysan du Danube ", à Chitry (89), dont il est maire, il est " le Monsieur de Paris ".

Prématurément vieilli, il meurt en 1910, dans le modeste appartement où il a vécu depuis son mariage.