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[archive théâtre]
Le mental de l'équipe

genre: divers / durée: 2h00


auteurs
Frédéric Bélier-Garcia, Emmanuel Bourdieu
metteurs en scène
image disponible Denis Podalydès, Frédéric Bélier-Garcia
chorégraphe
Jean-Marc Hoolbecq
comédiens
Francis Leplay, Patrick Ligardes, Daniel Martin, Marie Nicolle, Volodia Serre, Aléxandre Steiger, Samuel Vittoz, Eric Berger, Arthur Igual, image disponible Jérôme Kircher, image disponible Micha Lescot, image disponible Jacques Bonnaffé, Cécile Bouillot, Manuel Le Lièvre


critique
+++_ Le ballon qui rend foot

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[critique]

+++_ Le ballon qui rend foot

par Louis-David Mitterrand le 12-03-07

Dès l'ouverture du pare-feu, la brume déboule, traversée par le jour électrique des projos. Le stade c'est d'abord une atmosphère, au sens propre, l'air vif du dehors qui s'impose et transporte différemment les sons, la rumeur menaçante des tribunes, toujours prêtes à déborder. Les joueurs émergent de la brume, en formations successives, et y replongent, poursuivant un ballon invisible. Tout est là. En moins d'une minute la scène devient le centre d'un espace immense qui déborde dans toutes les directions. Pas de temps mort, pas d'intro, on est tout de suite au coeur de l'action, transporté dans un théâtre de pur mouvement, celui du foot.

La chorégraphie est précise, efficace tout en évitant le piège du réalisme. Quelques traits d'esquisse suffisent. Une fois la vitesse installée les personnages commencent à apparaître, l'intrigue à se dessiner. On est à la fin du match, l'équipe invitante a deux minutes pour égaliser ou sombrer en deuxième division. En somme c'est pratiquement cuit. Soudain, coup franc favorable, la densité de l'instant est à la mesure des enjeux: sort d'un club, fin de carrière d'un joueur, ambition du petit nouveau qui piaffe sur le banc de touche, lutte d'influence entre entraîneur et sophrologue. Ces deux dernières minutes vont durer une éternité.

Cette satire affectueuse et très drôle du milieu du foot rappelle un peu l'ambiance de l'excellent "Coup de Tête" de J-J Annaud avec Patrick Dewaere. Vu par Emmanuel Bourdieu et Frédéric Bélier-Garcia, le ballon qui rend fou connaît aussi ses moments de poésie. Certes, le foot révèle les passions les plus basses mais aussi des êtres humains vulnérables ou même carrément paumés, soumis à des pressions telluriques, capables d'aimer leur adversaire, amoureux du beau geste.

Jérome Kircher donne cette humanité au personnage du vieux joueur avec son talent habituel. Micha Lescot est un régal en gardien du but, la puissance comique de ce garçon est décidément sans limite. Personne ne démérite dans cette nombreuse distribution. Les personnages sont bien dessinés, vivants, les comédiens s'amusent tout en conservant la précision du jeu. Denis Podalydès signe là une mise en scène particulièrement virtuose.

[bio]
metteur en scène: Denis Podalydès
Denis Podalydès

Comédien français.

Denis Podalydès suit une formation au Cours Florent et au Conservatoire National Supérieur d'Art Dramatique. Long compagnonnage avec Christian Rist entre 1990 et 1995. Création d'André le Magnifique en 1996. Entré comme Pensionnaire à la Comédie-Française en 1997, il devient Sociétaire en 2000.

Il y a joué récemment dans Les Bacchantes d'Euripide mis en scène par André Wilms, Le Menteur de Corneille mis en scène par Jean-Louis Benoît, Platonov de Tchekhov et Il Campiello de Goldoni mis en scène par Jacques Lassalle.

Il a mis en scène deux pièces d'Emmanuel Bourdi...

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