genre: divers / durée: 1h15
Harold Pinterinfos: du mercredi au samedi à 21h le dimanche à 15h
prix: de 15 € à 22 €
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Une petite chose
par Louis-David Mitterrand le 18-03-07
A la moitié mon voisin dormait profondément, quoique discrètement. Aux deux-tiers ma compagne annonça son intention de filer à l'anglaise au prochain noir. Je la retins doucement au moment de la contraction de ses quadriceps, arguant de mon intérêt pour Pinter, son oeuvre, et l'issue de cette pièce. Le vieux allait-il parler? L'étrangeté pinterienne avait enfin opéré, même si elle fût longue à venir, il fallait aller au bout, boire cette histoire jusqu'à la lie.
Un vieux couple dans un jardin anglais. Une guêpe dans leur pot de confiture. Un vendeur d'allumettes qui attend à la grille, depuis des années. Vous avez dit bizarre? Pourtant tout commence assez normalement, puis la réalité est sapée insensiblement, jusqu'à se dérober sous les pieds des personnages. Alors ils font des culbutes et on se demande qui fait quoi avec qui dans quel but. On sent Beckett et Ionesco vouloir donner un petit coup de main par ci par là, et Pinter les laisse un peu faire, tout en protégeant ses personnages. Ils restent toujours humains et intéressants pour le spectateur, ne deviennent jamais stylisés, mécaniques, absurdes.
Tout cela est délicat, subtil, ténu et surtout très difficile à rendre. On ne peut pas forcer le trait, aller chercher l'étrange et le projeter sur scène comme un numéro complémentaire. Il doit venir tout seul, faut qu'il en ait envie. Or la mise en scène de Claudia Morin, qui joue la femme, cherche son parti pris et peine à s'effacer. Le bout de plateau penché est inutilement démonstratif. Sans doute trop soumis à la pression de restituer l'étrange, les comédiens peinent à entrer en résonance. Alors ils poussent, mais ça vient pas. Ou trop tard et trop peu. Pourtant il ne manque pas grand chose, juste une petite chose.
Ecrivain, dramaturge, metteur en scène. Né en 1930 à Londres dans une famille d'origine russe. Débute comme comédien, sous le nom de David Baron. Ecrit sa première pièce en 1957 : "The Room" ("La Pièce"). Il en a écrit plus de vingt-cinq depuis, régulièrement jouées, en Angleterre et ailleurs. "The Birthday Party"(1958), "The Caretaker" (1959), "No Man's land" (1974), "Betrayal" (1978), "Celebration" (1999)... Ami de Samuel Beckett, son théâtre est marqué par le genre de l'absurde, mais qu'il a pour particularité de faire surgir de situations réalistes et anodines.
Couronné Prix No...
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