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[archive théâtre]
Cymbeline

genre: divers / durée: 2h30


auteur
William Shakespeare
metteur en scène
image disponible Declan Donnellan
comédiens
Tom Hiddleston, Jodie McNee, Gwendoline Christie, David Collings, Richard Cant, Guy Flanagan, Laurence Spellman, Jake Harders, Lola Peploe, Ryan Ellsworth, John MacMillan, Daniel Percival


critique
++__ Too much of a good thing

la séparation la séparation forêt de Milford Haven forêt de Milford Haven Imogène et Posthumus Imogène et Posthumus

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[critique]

++__ Too much of a good thing

par Louis-David Mitterrand le 19-03-07

Coup de tonnerre et la troupe se déploie en quinconce, face public. Chacun est à son poste, précis, efficace, synchrone. Dès le premier instant la mise en scène veut imprimer un rythme véloce à ce conte d'un temps où Rome convoitait l'île bretonne. Les royaumes celtiques jetaient leurs derniers feux avant l'occupation latine. Cymbeline est un brave roi remarié à une méchante reine qui veut imposer son propre rejeton Cloten à la fille unique du souverain. Mais Imogène ne mange pas de ce pain là et épouse secrètement le trop pauvre Posthumus, déclenchant l'ire d'un père sous influence qui décide de bannir l'impétrant. Cet amour survivra-t-il aux flèches d'un sort contraire, le royaume aux appétits de Rome?

Malgré la forte probabilité d'un fin heureuse dans ce qui est après tout une comédie, la tension dramatique est maintenue par la direction d'acteurs de Declan Donnellan et la qualité de comédiens visiblement dans leur élément. Les scènes se succèdent en se chevauchant, dans un effet de rémanence saisissant, comme des personnages réticents à s'effacer de notre mémoire. Cloten devient Posthumus en enfilant lunettes et pardessus, un double rôle remarquablement assuré par Tom Hiddleston. Deux rideaux intermédiaires font office de décor sur un plateau presque nu où le minimum d'accessoire est apporté par les comédiens eux-mêmes. Du pur théâtre, où l'on construit un univers avec trois fois rien, où tout repose sur l'énergie, et en VO s'il vous plaît.

Mais il y a un mais. Où est l'émotion? D'abord, Imogène est mal distribuée en la personne de Jodie McNee. Toujours sur la nervure, forçant le jeu jusqu'au rictus, elle rend son amoureuse peu sympathique et encore moins princière. Partant, on a du mal à croire Posthumus si amoureux, sauf à être un ambitieux. Ensuite, l'ensemble est parfois si bien réglé qu'il en devient rigide. Les scènes plus légères paraissent mécaniques, notamment le séjour dans la forêt de Milford Haven, sorte de temple panthéiste où les personnages se perdent, se croisent et se retrouvent. Le "Cymbeline" de Philippe Calvario (Amandiers, 2000), avait mieux réussi cette partie, alliant folie et apparente improvisation dans un bric à brac d'objets anachroniques.

Declan Donellan cherche et trouve l'épure mais il oublie parfois de lâcher un peu la bride aux comédiens. Cela reste un admirable travail. Il est juste rassurant de voir que Shakespeare n'appartient à personne.

[bio]
metteur en scène: Declan Donnellan
Declan Donnellan

Metteur en scène britannique d'origine irlandaise né en 1953 à Londres.

Elève au St Benedict's School à Ealing puis au Queens' College de Cambridge, où il a suivi des études d'anglais et de droit, il devient avocat en 1978.

En 1981, il fonde à Londres la compagnie Cheek by Jowl dont, entre autres réalisations, les représentations d'"As you like it" de Shakespeare remportent un vif succès aux Bouffes du Nord en 1995.

De 1989 à 1997, il est directeur associé du Royal National Theatre de Londres.

Devenu l'un des metteurs en scène anglais les plus connus à l'étranger, il a notammen...

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