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[archive théâtre]
Au revoir Parapluie

genre: divers / durée: 1h30


metteur en scène
James Thierrée
comédiens
James Thierrée, Kaori Ito, Magnus Jakobsson, Satchie Noro, Maria Sendow

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critique
++__ Le grand retour

James Thierrée et Kaori Ito James Thierrée et Kaori Ito

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[critique]

++__ Le grand retour

par Louis-David Mitterrand le 17-05-07

Dur d'être original en parlant de ce spectacle, les bonnes critiques ont déjà ouvert le ban, et elles sont dans la droite ligne de celles des précédentes créations primées de James Thierrée: émerveillement, imaginaire, poésie, enchantement, grand enfant, tout public, etc. L'unanimité fait que tout avis contraire proviendrait forcément d'un vieux grincheux frustré. Ouf! J'ai plutôt aimé. Donc je réitère: tout ce que vous lirez par ailleurs sur "Au revoir parapluie" est sans doute vrai. Vous serez enchanté, émerveillé et tutti quanti. Mais attention, si vous aimez les plats épicés, les émotions fortes, la violence, l'humour gras alors allez vite voir James Thierrée et sa troupe. Vous ne trouverez rien de tout cela dans son spectacle mais ça vous changera un peu. Si on se prêtait toujours à ses inclinations, comment ferait-on le ménage dans ce fatras qu'on appelle le cerveau? Oui, c'est thérapeutique.

D'abord c'est un spectacle qui s'amuse à échapper à toute classification précise. On y danse, chante, mime, acrobatise, joue des instruments, enfin quasiment tous les moyens d'expression connus sauf la parole. Bien sûr, ce serait trop laid d'y mettre des mots, ne serait-ce qu'un seul. Ça pourrait tout gâcher, faire sortir le spectateur de son rêve éveillé. On n'est pas non plus dans le monde du silence, les ambiances sonores sont très travaillées et propulsent efficacement le récit. Au fait ça parle de quoi? C'est un monsieur qui, après s'être dépêtré d'une grosse grappe de cordes tournoyante, se met à chercher femme et enfant perdus dans le cataclysme. Un vrai clown brisé avec le coeur dans les chaussures. Un peu comme son grand-père de Chaplin qu'on voyait toujours partir tout seul à la fin, baluchon sur l'épaule. En fait là c'est la suite (je viens de comprendre!). Et le "parapluie" du titre, ce serait une référence à l'accessoire préféré de Charlot. Car sur scène on n'en voit pas la queue d'un. Bien, récapitulons: James apporte une clôture à ces fins amères, le petit vagabond à chapeau melon nous revient sans parapluie après un long voyage dans le temps. Et ça donne la chair de poule.

La suite part dans tous les sens, au gré d'un travail collectif fait de belles idées et de petits riens mis bout à bout dans un gentil capharnaüm. Le touchant succède au burlesque, précède le bizarre qui annonce l'inconnu. Inutile de chercher à comprendre. Cependant, l'important dispositif scénique a parfois tendance à absorber l'énergie des personnages. S'il est visuellement intéressant, le jeu en fusion avec les machines et décors peut aussi sembler froid. Alors que la simple interaction des membres de la troupe donne une richesse incomparable. Ils ont de vrais moyens et les utilisent trop peu. Chaque saynète mimée entre James et Magnus Jakobsson a un impact immédiat. Les danseuses Satchie Noro et Kaori Ito ont une plasticité et une présence suffisantes pour se passer d'accessoires.