genre: divers
Herman Melville
Giorgio Albertazzi, Marco Foschi, Emiliano Broschi, Marco Cacciola, Timothy Martin, Giuseppe Papa, Fabio Pasquini, Annibale Pavone, Enrico Roccaforte, Rosario Tedescoinfos: A 20h. Durée : 2h30 sans entracte.
![]()
![]()
![]()
Piège en haute mer
par Anne Eyrolle le 10-11-07
La quarantaine à peine sonnée, Antonio Latella est l'une des figures majeures de la mise en scène italienne contemporaine. Sorte d'Olivier Py de la Grande Botte, ce qui explique sans doute que le fraîchement nommé directeur de l'Odéon devienne le premier parisien à inviter ce-dit phénomène formé par Vittorio Gassman.
Pour son séjour à Paris, Latella propose deux pièces, deux adaptations de textes qu'a priori tout oppose, sinon qu'ils constituent deux visages sombres de la quête de connaissance : "Moby Dick", le roman géant d'Herman Melville, et "Le Banquet des Cendres", d'après Giordano Bruno ce philosophe du XVIè qui paya de sa vie la suggestion selon laquelle la terre n'était qu'un monde parmi des milliers d'autres peuplant l'univers.
Le programme est excitant. Mais la première découverte déçoit. Ce Moby Dick, qu'on espère puissant et spectaculaire, est bavard et bruyant comme un repas de famille napolitaine, sans la chaleur joyeuse. On sent que Latella voudrait rendre compte de l'expérience vitale, affolante, bouillonnante qu'est cette chasse à la baleine mythique pour le Capitaine Achab et sa bande de matelots dont le jeune Ismaël. Et il offre bien quelques instants magiques: les chants sont de qualité, le recours au langage des gestes et du corps sonne juste et peut émouvoir, puis il y a le vieux Giorgio Albertazzi, qui campe en boîtant un Capitaine Achab solide comme sa légende. Mais dans ce spectacle trop long de 2h30 le brouhaha domine, sous les déclamations interminables et criardes des comédiens. Empétrés dans des costumes ennuyeux du XVIIème et contraints à l'inertie par un décor impraticable (une structure en métal couchée), les dix acteurs n'ont pas les moyens d'offrir autre chose qu'un jeu sans profondeur, aux émotions truquées et aux emportements caricaturaux. Le texte et la mise en scène détaillent, illustrent, explicitent, comme si Latella voulait trop en faire, trop en dire, et empêcher le spectateur de se perdre un peu dans les mystères de cette aventure abyssale.
Reste "Le banquet des Cendres". Une deuxième chance pour Latella de convaincre le public français de la pertinence de son indéniable travail.
Romancier, esssayiste et poète américain né en 1819 à Manhattan, à New York, mort en 1891 à New York.
Ses oeuvres : "Taïpi" (1846) "Omoo" (1847) "Mardi" (1849), traduit en français par Charles Cestre et Armel Guerne, Robert Marin, 1950 "Redburn ou sa première croisière" (1849), traduit en français par Armel Guerne, Robert Marin, 1950 "White Jacket" (ou La Vareuse blanche) (1850), traduit en français par Charles Cestre et Armel Guerne, Robert Marin, 1950 "Moby Dick ou la baleine blanche" (1851), traduit en français par Armel Guerne, Le Sagittaire, 1954, rééd. Phébus, 2004 "Pierre ...
[lire la suite]