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[archive théâtre]
Les Précieuses Ridicules

genre: divers / durée: 1h00


auteur
image disponible Molière
metteur en scène
Dan Jemmet
comédiens
Véronique Vella, Andrzej Seweryn, Pierre Vial, Serge Bagdassarian, image disponible Catherine Ferran, image disponible Catherine Hiegel


critique
+___ ha-ha-ha riez

Andrej Seweryn Andrej Seweryn

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[critique]

+___ ha-ha-ha riez

par Louis-David Mitterrand le 17-11-07

Ils ont voulu se lâcher, sur tous les plans. On ne peut que leur en donner crédit. La Maison de Molière se réveille enfin. Ils affichent une nouvelle volonté de faire du théâtre, ce qui ne veut pas forcément dire se rouler tout nu dans son vomi sur scène. D'ailleurs le créneau est déjà occupé. Faire, c'est à dire innover, surprendre, toucher. En l'occurrence ça n'a pas marché, mais ils ont essayé, ils ont pris le risque. C'est un premier pas. Il ne faudrait pas que les "hou" entendus au salut parmi les bravos découragent le Théâtre Français de continuer dans cette direction. Ce n'était certes pas la bataille d'Hernani, mais ces réactions sont le signe que des conventions furent bousculées.

Les rieurs n'étaient pas de leur coté, et ce n'est pas faute de moyens. Le plateau figure un cabaret de revue érotique dans lequel les personnages entrent par des sortes de cabines à peep-show, outrageusement costumés et coiffés dans le style maison. Sorte d'interlope nocturne mâtiné d'Elvis tardif. Du coup les comédiens se sentent autorisés à toutes les pitreries proposées par le metteur en scène et en oublient d'incarner des personnages. Décaler une oeuvre c'est bien, dans la mesure où elle en sort renforcée, pas atrocement mutilée. Nos sociétaires en font donc des tonnes avec une application remarquable, tout le métier qu'on leur connaît. C'est peine de voir Andrej Seweryn, et les deux Catherines, Hiegel et Ferran, passer à ce point à coté du comique d'une pièce. Certes il y quelques instants brièvement amusants, comme la bouille de Pierre Vial en rocker mutant effaré, père des précieuses. Ou celle de Serge Bagdassarian, un gros magnifique au réel potentiel comique, récemment entré à la Comédie Française. On pense immédiatement au regretté John Candy.

Entendons-nous bien, le cabaret, les costumes, s'adresser au public, feindre un trou de mémoire, interpréter trois personnages à la fois, tout ça n'est pas le problème, c'est même plutôt bien, rafraîchissant. C'est l'assemblage qui ne tient pas. L'univers choisi a déteint sur la pièce, dont il ne reste plus qu'une succession de numéros. Dont les précieuses sont des cocottes sur le retour, des hôtesses de bar à champagne pas franchement sexy. Dès lors on s'étonne que Mascarille puisse en faire autant pour les emballer. Le sexe, c'est à dire le désir et la séduction, est ici oublié. Horrible détail: il s'agit du ressort principal de la pièce. Étonnante omission de la part de Dan Jemmet, le metteur en scène, si appliqué par ailleurs à restituer un trouble univers nocturne dont l'érotisme devrait être le centre.

Difficile de passer après les magnifiques Précieuses d'Eric Louis et sa troupe.

[bio]
auteur: Molière
Molière

Comédien et dramaturge français, né Jean-Baptiste Poquelin en 1622. Mort en 1673.

Fils d'un tapissier parisien, Jean-Baptiste Poquelin est baptisé le 15 janvier 1622 à la paroisse Saint-Eustache. Sa mère meurt dix ans plus tard. C'est son grand-père, amateur de théâtre, qui lui donne le goût de la comédie. Elève au collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand), il part ensuite à Orléans étudier le droit.

En 1637, il prête le serment de tapissier royal, reprenant la charge de son père auprès de Louis XIII. A cette même époque, il se lie avec la famille de comédiens, les Béjart, av...

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