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[archive théâtre]
Road to Mecca

genre: divers


auteur
image disponible Athol Fugard
metteur en scène
Habib Naghmouchin
comédiens
Geneviève Mnich, Cécile Lehn, Eric Prigent

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critique
+++_ Magie sud-africaine

Cécile Lehn et Geneviève Mnich. Photo : LOT Cécile Lehn et Geneviève Mnich. Photo : LOT

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[critique]

+++_ Magie sud-africaine

par Pauline David le 02-12-07

Athol Fugard est le dramaturge blanc sud-africain le plus célèbre dans son pays, et, sans doute, dans le monde. Son talent -livrer des témoignages d'une grande simplicité sur son pays post-Apartheid- s'expose en ce moment au théâtre, avec la mise en scène de sa célèbre "Road To Mocca", une pièce magnifique aux résonances très actuelles. Helen, une veuve Afrikaner, vit dans l'isolation d'un petit village, prisonnière des conventions qui s'y imposent. Malgré l'incompréhension de ses voisins elle tente pourtant de continuer à vivre librement grâce à la pratique de la sculpture.

Si la pièce peut d'abord sembler très littéraire, sorte de thèse sur la Confiance, l'Amour ou la Liberté, ces concepts se dissolvent peu à peu pour instaurer une véritable émotion. Le texte s'enrichira ensuite grâce à la confrontation entre les trois personnages : une nouvelle dimension s'impose, les enjeux brillamment posés dans la première partie prennent alors tout leur sens.

L'interprétation est fabuleuse. Geneviève Mnich, actrice fétiche de Peter Brook, développe un jeu tout en finesse, entre courage et lâcheté, liberté et emprisonnement. Evitant finement le piège de la caricature, les personnages évoluent tout au long du récit : on assiste à une inversion sensible des caractères dans laquelle Elsa, la femme libérée, se révèle finalement être brisée par la vie. A l'inverse, Helen, la veuve esseulée, réussit à travers son oeuvre d'art, sa " Mecque ", a brisé ses chaînes. Le pasteur, quant à lui, s'il a d'abord tendance à déclamer son texte, donne vite à voir un homme ambivalent, enfermé dans ses convictions d'un autre âge en même temps que très sensible.

Puis cette splendide petite salle de La Boutonnière a un quelque chose de magique : le spectateur est au même niveau que les acteurs, sur scène avec eux. Cette proximité oblige d'ailleurs les comédiens à développer un jeu beuacoup plus subtil. Les effets de lumières, en résonance avec les propos de la pièce sont d'une grande pertinence, et ajoutent une note de poésie à l'ensemble.

Cersie sur ce délicieux gâteau : à la fin de la représentation, l'équipe du théâtre propose un dîner pris sur la scène et souvent en présence des comédiens. Que pouvait-on demander de plus?

[bio]
auteur: Athol Fugard
UNDEF

Dramaturge sud-africain né en 1932 au Cap, d'un père d'origine irlandaise et catholique et de mère afrikaner. Il est l'auteur de théâtre le plus célèbre de osn pays.

Sans être un auteur militant, il montre en toute simplicité à travers ses personnages (souvent métis) les absurdités et les souffrances engendrées par l'Apartheid.

Ses pièces : No-Good Friday, 1958 ; Nongogo, 1959 ; The Blood Knot, 1961 ; Hello and Goodbye, 1966 ; People are Living There, 1968 ; Boesmn and Lena, 1969 ; The Coat, 1971 ; avec John Kani et Winston Ntshona : Sizwe Bansi Is Dead, 1972 et The Island, 1973 ; T...

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