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[archive théâtre]
Ruptures (Café de l'homme / Epilogue)

genre: drame psychologique / durée: 1h10


auteur
Caroline Nietsweski
metteur en scène
Caroline Nietsweski
comédiens
image disponible Matthieu Rey, image disponible Mathilde Chatenoud

  • du 28-02-08 au 20-04-08
    8 rue de Nesle, 75006 Paris
    tel: 01 46 34 61 04

    infos: tous les mardi à 21h


critique
+___ sujet éternel

Affiche Affiche Mathilde Chatenoud et Mathieu Rey, futurs-ex Mathilde Chatenoud et Mathieu Rey, futurs-ex

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[critique]

+___ sujet éternel

par Louis-David Mitterrand le 03-03-08

Deux comédiens sur scène à vivre les instants difficiles d'une rupture, avec ce flottement entre l'inévitable et la mince possibilité de forcer le destin. A cela s'ajoute la complication d'une possible trahison. Face à la blessure de l'abandon, l'involontaire cruauté du désamour. La première partie (Café de l'homme) sent décidément le vécu. La seconde (Epilogue) ressemble plus à une gentille farce sur l'usure du couple par le quotidien. L'ennui, ce grand ennemi des gens heureux, disait Stendhal. Le ton est léger mais grinçant, le drame semble attendre en coulisse, comme prêt à faire irruption sur scène au détour d'une réplique. Du coup l'intérêt du spectateur est maintenu à un niveau convenable.

Qui n'a pas vécu au moins une rupture, a-t-il vraiment vécu? Cette petite pièce sympathique pourra au moins le documenter sur la marche à suivre. D'abord ne pas s'affoler, ça arrive à tout le monde, ça fait mal et c'est normal, et enfin la vie ne s'arrête pas là. Elle recommence même de plus belle. Voir et revoir l'excellent "High Fidelity" de Stephen Frears avec John Cusack.

Ecrite et mise en scène par une femme, la pièce n'est pas tout à fait neutre à l'endroit du genre masculin, mais bon, c'est de bonne guerre. Ce n'est finalement pas si grave de passer pour le salaud ou le con, on s'y habitue. Et puis la partie féminine est défendue par une talentueuse et jolie comédienne, Mathilde Chatenoud, qui a certes le beau rôle mais aussi le sens des ruptures (sans jeu de mot) et cette imprévisible alacrité propre aux femmes. En face, le personnage qu'incarne Matthieu Rey tient la route même s'il ne rend pas tout à fait coup pour coup. On le voudrait plus froid, sarcastique, méchant malgré lui. Il y a aussi des regards, des silences à trouver entre certaines répliques. Le texte en dit parfois trop, comme s'il ne faisait pas toujours confiance aux comédiens pour endosser la situation. Leur liberté de jeu s'en trouve quelque peu entravée.

Mais rien de grave. Il est toujours rassurant de voir que le manque de moyens matériels n'a aucune importance au théâtre, au contraire. Avec des cartons pour décor, de la sincérité et du coeur on peut s'attaquer au sujet éternel, inusable et pertinent de la rupture. L'important est de trouver son public puis de grandir avec lui. C'est tout ce que l'on peut souhaiter à cette production.