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[archive théâtre]
Les fourberies de Scapin

genre: farce / durée: 1h15


auteur
image disponible Molière
metteur en scène
Arnaud Denis
comédiens
Arnaud Denis, Jean-Pierre Leroux, Bernard Métraux, Jonathan Bizet, Géraldine Azouelos, Elizabeth Ventura, Eloïse Lauria, Stéphane Peyran, Alexandre Guanse, Sébastien Tonnet


critique
- Au secours

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[critique]

-___ Au secours

par Louis-David Mitterrand le 21-05-08

Dès l'ouverture du rideau, je me suis dis : "au secours!" Costumes poussiéreux taillés dans du rideau et jeu outrancier style "Comedia". Du Molière caricatural, comme on a l'impression d'en avoir vu cent fois. Oui, les comédiens ont de l'énergie, certes ils sont jeunes et sympathiques, mais Dieu que tout ça est fatigué, rabâché, inutile! Ils en font des tonnes! Alors bien sûr, les coups de bâton et tout le tremblement font rire un peu les enfants, comme au guignol. Mais en forçant le comique à ce point, on tue la pièce. "Les fourberies" ne sont pas un drame psychologique, c'est évident, mais il y quand même moyen de faire un travail original, de donner une âme à ce spectacle populaire.

Déjà, qu'on arrête de jouer Molière en costumes d'époque, ce serait une bonne chose. L'intérêt de cette pièce est dans sa pertinence immédiate. La transposer est quasiment une obligation pour en trouver le sens. Sinon, on reste dans la pantalonnade pittoresque et on passe à coté du sujet. Puis s'obstiner à jouer les farces de Molière en comédie italienne, c'est tellement réducteur. On sait que ce fut sa source d'inspiration, mais maintenant passons à autre chose. Ces textes méritent d'être relus à fond, sans aucun à-priori, en laissant tomber tous les clichés habituels. Jean-Baptiste Poquelin n'est pas une vache sacrée.

Le parti-pris de cette troupe est de rajeunir le personnage de Scapin, du coup il devient un bellâtre bondissant et insolent qui perd toute autorité et substance. Le comédien en vient à cabotiner à force de courir après son personnage. Ce tropisme jeune est un réel contresens car Scapin est en fait un homme d'expérience et le comique repose en partie sur sa réticence à intervenir, puis sur le contraste entre son âge et les stratagèmes qu'il consent finalement à employer. Sur scène, tout le monde est calé sur le même type de jeu, on s'envoie les répliques comme des baffes, sans même regarder son partenaire. Ca passe ou ça casse. Là ça passe plutôt, le public semble apprécier, mais gageons que le souvenir lui en sera bref. Dommage, il y a tellement plus à voir dans cette pièce.

[bio]
auteur: Molière
Molière

Comédien et dramaturge français, né Jean-Baptiste Poquelin en 1622. Mort en 1673.

Fils d'un tapissier parisien, Jean-Baptiste Poquelin est baptisé le 15 janvier 1622 à la paroisse Saint-Eustache. Sa mère meurt dix ans plus tard. C'est son grand-père, amateur de théâtre, qui lui donne le goût de la comédie. Elève au collège de Clermont (actuel lycée Louis-le-Grand), il part ensuite à Orléans étudier le droit.

En 1637, il prête le serment de tapissier royal, reprenant la charge de son père auprès de Louis XIII. A cette même époque, il se lie avec la famille de comédiens, les Béjart, av...

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