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[archive théâtre]
Le début de l'A.

genre: essai


auteur
image disponible Pascal Rambert
metteur en scène
image disponible Pascal Rambert
comédiens
Alexandre Pavloff, Audrey Bonnet

  • du 19-09-08 au 19-10-08
    41 avenue des Grésillons, 92230 Gennevilliers
    tel: +33 1 41 32 26 10
    site: www.theatre2gennevilliers.com

    infos: Version française : Les 20,24,26,27 septembre à 20h30 Les 21, 28 septembre à 15h Les 23,25,30 septembre à 19h30 Les 1,3,4 octobre à 20h30 Le 2 octobre à 19h30 Le 5 octobre à 15h

    Version japonaise : Les 15,16,17,18 octobre à 19h30 Le 19 octobre à 15h00


critique
+___ Le début de l'A facilité

Le début de l'A. fin Le début de l'A. fin

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[critique]

+___ Le début de l'A facilité

par Pauline David le 30-09-08

Sous l'intense lumière des néons, deux voix résonnent et se répondent. Elles se rencontrent, se chevauchent, se font l'écho l'une de l'autre puis s'éloignent à nouveau. Ces voix se sont celles de Pascal et Kate, qui, isolés chacun de part et d'autre de l'Atlantique, se délectent de ce sentiment si particulier qu'est le début de l'Amour.

Comme le précise Pascal Rambert, cette histoire, c'est sa propre histoire d'amour avec l'actrice Kate Moran, rencontrée lors de la création d'une pièce pour Avignon en 2000. Le thème peut paraître un peu mièvre mais, sous la plume de cet auteur, il tend vers une juste et belle esquisse de " ce sentiment que l'on ne voudrait jamais voir finir. Quand enfin tout commence ". Cette sensation jouissive et impétueuse que le temps s'est arrêté. Cette prétention éphémère de ne voir dans le reste du monde qu'une absurde vulgarité. Les deux acteurs interprètent ainsi une partition rythmée et musicale, s'autorisant même quelques passages chantés. Ces refrains qui ponctuent la pièce, nous rappellent alors l'universalité du sentiment amoureux, à travers ces deux histoires pourtant si personnelles.

Ce texte, d'une remarquable poésie, aurait pu ouvrir sur d'enthousiasmantes perspectives de mise en scène. Mais Pascal Rambert fait partie de ces génies désinvoltes qui, juchés sur la certitude de leur talent, oublient parfois de se renouveler et de dépasser leurs limites. De cette paresse manifeste, car c'est bien de paresse dont il faut parler ici, résulte une mise en scène d'une platitude déconcertante, à la limite de l'escroquerie. Les deux protagonistes sont comme vissés sur ce sol blanc et froid. La seule véritable action a lieu au moment où les deux êtres, dans un jeu de miroir plus ou moins subtil, se déshabillent puis s'embrassent longuement. Mais ces corps nus, exhibés si souvent (trop souvent ?) dans le théâtre contemporain, lassent plus qu'ils n'émeuvent, agacent plus qu'ils n'innovent. Le décor est à l'image de la mise en scène : gratuit et sans fondement. Une cylindrée rouge trône au milieu de la scène telle une funeste prémonition du destin des deux amants. Mis à part cette utilisation métaphorique, cet unique élément de décors se révèle totalement superflu et encombrant.

On aurait voulu que cette pièce, écrite à l'origine pour la radio, ne reste qu'une majestueuse lecture publique. Malheureusement, l'auteur en a voulu autrement.

[bio]
auteur, metteur en scène: Pascal Rambert
Pascal Rambert

Auteur et metteur en scène français.

Depuis 2008 il est directeur du Théâtre de Gennevilliers.