genre: drame psychologique
Jon Fosse
David Gery
Yann Collette, Irène Jacob,
Judith Magre,
Simon Eineinfos: Du mercredi au samedi à 20h. Le mardi à 19h. Le 5 octobre à 16h. Le 18 octobre à 15h.
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Mortel
par Anne Eyrolle le 03-10-08
Un cimetière soumis à de subtils jeux de clair-obscur : le décor est planté, inquiétant, orageux, impénétrable. Comme le texte. Un homme et une femme qui ont été amants se retrouvent là, par hasard. Quoi de plus simple? Mais, très vite, évidemment, tout se complique. L'auteur norvégien se lance dans un délire poético-philosophique où passé, présent, futur -tous les temps, bientôt, se fondent et se confondent. On ne sait plus si l'on se rencontre pour la première fois, si des heures ou des années ont passé entre les scènes, qui existe tout à fait et qui n'est plus que le fantôme de lui-même... Parler d'amour entre les tombes çà vous met un sacré désordre. Poético-philosophique, peut-être, pour celui qui le crée et qui y croit, mais un désordre quand même.
On aimerait crier au chef d'oeuvre, parce que, bien sûr, çà n'attend que çà : la scénographie est plutôt très réussie, d'ailleurs, la mise en sons et en lumières aussi. Mais seul l'effet d'ensemble compte et, dans l'ensemble, en effet, c'est ennuyeux. Parce que Jon Fosse, on a beau dire, ce n'est pas Goethe ni Schopenhauer, et même si ses "citations" en mettent plein la vue de quelques uns qui en veulent pour leur argent, elles en lassent beaucoup d'autres -et pas que les places offertes. C'est très lent, très appuyé, très insistant, très posé. On s'écoute parler, on se regarde se regarder, et les répliques qui n'en finissent pas d'être reprises, répétées, ressassées, sous prétexte, toujours, de cette perte de repères temporels. Concept auquel l'auteur et le metteur en scène s'accrochent comme à leur seule matière. Autour de ce concept, c'est le vide.
Dans cette atmosphère pour le moins sidérante et qui pétrifie les comédiens dans un jeu ridiculement linéaire, heureusement Judith Magre a été autorisée -ou peut-être ne peut-elle s'en empêcher- à insuffler un peu d'air et de légèreté. Grâce à elle, on tient à peu près la tête hors des eaux glauques dans lesquelles Fosse voudrait nous tenir immergés.
Metteur en scène, acteur, peintre et poète français.
Il a suivi une formation auprès de Jean-Louis Martin Barbaz, puis au Théâtre École de Chaillot. Il a joué sous la direction de Jean-Louis Martin Barbaz, Daniel Besse, Alain Rais, Brigitte Jaques...
Il a été l'assistant de Stéphanie Loïk, Daniel Besse, Brigitte Jaques...
Il a mis en scène des classiques - "Britannicus" de Racine -, et des auteurs contemporains comme Xavier Durringer. Ses spectacles ont été vus au Théâtre de la Commune d'Aubervilliers, au Théâtre de la Tempête de la Cartoucherie de Vincennes, dans plusieurs théâtr...
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