genre: drame psychologique / durée: 0h45
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Le triangle qui tourne en rond
par Pauline David le 03-11-08
Les lumières s'allument sur un canapé élimé et deux chaises grises. Sur scène, trois femmes s'enlisent dans une relation amoureuse complexe, perverse et particulièrement destructrice. A travers ce trio féminin, Franck Ascanio, l'auteur et le metteur en scène de la pièce, livre une réflexion sur les relations amoureuses et les enjeux de pouvoir qui en découlent. Au gré des combinaisons, on s'aperçoit que la victime d'un couple peut en un instant se transformer en manipulatrice tyrannique, passer de la soumission à la domination.
L'idée d'entrer dans l'intimité de ce triangle amoureux est a priori plutôt intéressante. C'est sans compter sur les lourdeurs de la mise en scène et le jeu souvent superficiel des actrices. Car pour insister sur cette relation triangulaire dévastatrice dans laquelle se sont enfermées les trois protagonistes, Franck d'Ascanio a choisi de présenter une mise en scène systématique, jouant sur la symétrie des rôles et la géométrie variable de leurs relations. Malheureusement, ce parallélisme étouffe à la fois ces personnages et son public. Avec ces retours incessants entre le canapé et la chaise, ces dialogues répétitifs et disons-le, plutôt éculés, sur le mensonge et l'infidélité, le spectateur peine à respirer. L'auteur a beau avoir transposé ces thématiques dans l'univers des couples homosexuels, cette pièce n'en manque pas moins de fraîcheur et d'audace.
Au bord de l'asphyxie, on cherche une bouffée d'oxygène dans le jeu des interprètes. Mais celui-ci manque cruellement de sincérité et malgré quelques répliques cinglantes, le plus souvent le texte tombe à plat. A aucun moment on ne ressentira l'excitation que provoque l'infidélité, l'ivresse de la culpabilité, invoqués pourtant si souvent par les trois héroïnes. Et c'est plongés dans un paisible ennui que le couple et les spectateurs achèveront cette pièce, décidément bien fade.