genre: drame psychologique / durée: 1h30
Thierry Thieû Niang,
Patrice Chéreau
Dominique Blanc
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Haute tension
par Caroline Lopez-Oros le 22-12-08
Marguerite Duras, Patrice Chéreau, Dominique Blanc... Des noms évocateurs réunis pour une pièce confrontant directement à l'horreur des camps. "La Douleur", après son passage foudroyant au théâtre de Nanterre-Amandiers, poursuit sa route en 2009.
"La Douleur" est un récit autobiographique de Marguerite Duras. Dans ce journal écrit à la fin de la deuxième guerre mondiale, l'auteur consigne son attente quotidienne de son époux Robert Antelme - Robert L. dans le texte - déporté dans un camp. Tandis que Paris vit ses premières heures de libération et que l'effervescence se mêle au retour des prisonniers et des rescapés, Duras espère. Elle occupe ses journées et ses nuits, tendue dans l'attente anxieuse de Robert L, partagée entre doutes et espoir. Et il revient, survivant miraculé de Dachau. Mais ce qui devrait être un moment de joie est, au contraire, empli de l'horreur qu'il a subi. À l'attente succède la longue incertitude quant à la survie d'un homme qui n'est plus que la moitié de lui-même.
La pièce débute par les circonstances de redécouverte du texte par son auteur. Duras explique sa surprise face à ce qu'elle ne se souvient pas avoir écrit. Comme si les propos qui allaient suivre ne lui appartenaient pas, tant leur violence dépasse le cadre du " journal intime ". Et c'est toute l'ampleur du désastre de cette guerre et de ses horreurs qu'on retrouve dans le vaste plateau quasi-nu, ouvert à tous vents. Au centre de l'espace, une rangée de sièges occupe un côté et une table avec une chaise l'autre, symbolisant les deux univers que côtoie alors Duras. Paris, la foule, le retour des prisonniers font face à la solitude de l'appartement, l'attente, le lieu de la convalescence.
Assise à la table telle une écolière, Dominique Blanc vide le contenu de son sac, débutant par là-même son récit. Au plus près de l'écriture de Duras, sans fioritures, la comédienne raconte avec une forme de retenue et de simplicité, les multiples sentiments éprouvés. Mais on peine initialement à suivre son propos, et la comédienne semble de prime abord minuscule, lointaine. La solitude qui l'étreint tout comme son désarroi sont parfois hésitants. Heureusement ce sentiment d'une première partie brouillonne, quelquefois confuse, s'estompe au fil du spectacle et la comédienne acquiert indubitablement une assurance. À tel point qu'une fois la transformation opérée on est rapidement suspendu à ses lèvres. Le propos du texte distille alors pleinement son effet, net, précis.
La montée en tension, le jeu direct, sobre et efficace, sans pathos superflu font résonner l'horreur des camps au plus près. Simplement, fortement. Et on en sort profondément troublé, à la fois saisi par le texte et bouleversé par la métamorphose de la comédienne.
Danseur et chorégraphe français
Il a été instituteur, psycho-motricien en France et à l'étranger.
En formation en danse auprès de Renate Pook, Christine Gérard, Carolyn Carlson, Odile Duboc, Douglas Dunn et Julyen Hamilton, il a été interprète pour les compagnies de Hideyuki Yano, Christine Gérard et Daniel Dobbels, Nadine Hernu, Daniel Larrieu, Héla Fattoumi et Eric Lamoureux.
Au théâtre, il participe au travail de Robert Carsen et de Claude Régy, de Bruno Meyssat, Alain Gintzburger, François Rancillac, Françoise Delrue, et Laurent Rogero ainsi qu'au cinéma pour Philippe Fréling...
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