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[archive théâtre]
Un voyage d'hiver

genre: comédie


auteurs
image disponible Stéphane Olry, Corinne Miret
metteur en scène
image disponible Stéphane Olry
comédiens
Corinne Miret, Hubert Biermann, Jean-Christophe Marti, Didier Petit, Elena de Renzio, Sandrine Buring, image disponible Stéphane Olry

  • du 08-01-09 au 31-01-09
    59 av Charles de Gaulle, 93170 Bagnolet
    tel: 01 43 62 71 20
    site: www.lechangeur.org

    infos: Du jeudi au samedi à 20h30, les dimanches à 17h00, les lundis à 20h30.


critique
++__ Langueur hivernale

Affiche Affiche danse, musique et théâtre se retrouvent danse, musique et théâtre se retrouvent Pour un rêve en hiver... Pour un rêve en hiver...

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[critique]

++__ Langueur hivernale

par Caroline Lopez-Oros le 17-01-09

"Voyage d'hiver", un spectacle dont le nom évoque déjà tout un imaginaire, entre le conte d'hiver de Shakespeare et le voyage d'hiver de Schubert. Une proposition située quelque part entre le théâtre et la musique, ailleurs... Voici l'un des sentiments que procure cette création de la compagnie la Revue éclair.

Ce projet plutôt particulier par son processus de création est né d'une commande de Thierry Roisin. Le directeur de la comédie de Béthune a demandé à Corine Miret et Stéphane Olry d'imaginer un spectacle intégrant des matériaux collectés auprès d'habitants des environs de Béthune. Corine Miret et Stéphane Olry ont donc intégré cette exigence dans sa totalité. Plutôt que de réaliser des entretiens ou des interviews, Corine Miret est parti s'installer dans l'un des petits villages de l'Artois. Elle a fait le choix de devenir une " étrangère ", habitant sept semaines durant dans un gîte. Son objectif étant de tisser des liens, elle a contacté des associations, pris part à des activités sportives, rencontré des amis. Tous les jours la danseuse consignait ses impressions et ses activités dans un journal ainsi que par voie audio. À Paris, loin d'elle, Stéphane Orly recevait les enregistrements régulièrement, vivant à distance et par procuration le séjour de la femme.

À son retour s'est posée la question de la retranscription et de l'écriture du spectacle. En compagnie du compositeur Jean-Christophe Marti, Stéphane Olry et Corine Miret ont travaillé sur l'exploitation de ces matériaux. Mais que attendre d'une expérience vécue si intense ? Comment retranscrire cette tranche de vie, les amitiés tissées? Par quels moyens rendre compte de cette lente immersion, de ce voyage dans une zone géographique resserrée, où la traversée est autant celle des rencontres que des paysages ?

Le dispositif choisi par les artistes nous balade entre l'illustration ludique et claire et l'onirisme fabuleux, le tout s'articulant autour du corps de la danseuse. Corine Miret se tient au centre du vaste plateau nu et sur les côtés se trouvent respectivement le gardien, la fée du logis, la terre, le compositeur, l'auteur et l'amour, interprétés par comédiens et musiciens. Aux côtés de la danseuse va donc se déployer ce voyage d'hiver, avec son lot de rencontres, de maisons, de musiques et de paysages. La parole circule entre les différents protagonistes, les personnages réels ou métaphoriques donnant leur point de vue et leurs sensations à la hauteur de leur implication. Ainsi, Stéphane Orly et Jean-Christophe Marly, respectivement auteur et compositeur dans leur propre rôle ponctuent le spectacle de remarques sur sa construction, Marly expliquant avec un brin d'humour son travail de composition musicale.

Durant la lente succession de textes, de musiques et de chants la Fée du logis travaille à la mise en place concrète du paysage autour de Corine Miret. À l'aide de tissus aux formes et couleurs multiples et de maquettes de maisons, la comédienne donne réellement à voir l'espace qui a constitué le lieu de voyage. L'émergence à la fois lente et d'une beauté simple de cette géographie rythme doucement le fil du spectacle. Son apparition progressive résonne d'ailleurs justement avec la douce et quasi-ininterrompue chorégraphie esquissée par Corine Miret. Mais c'est à peu près tout. Ça et là, quelques chants, morceaux de musiques, bribes de textes viendront par leur force particulière éclairer fugitivement ce récit. L'ensemble demeure cependant au stade du contemplatif confinant à l'ennui. Caractérisé par une extrême lenteur et surtout une trop grande légèreté de propos, ce voyage d'hiver laisse au final très perplexe. En effet, la compagnie a fait le choix de donner à voir et entendre l'immersion dans un quotidien simple, celui d'une vie comme les autres, dont la spécificité réside dans le volontaire déracinement opéré et dans le tissage de liens nouveaux. Mais ce qui nous est transmis reste au stade de l'esquisse, légère, trop légère. Et au final, on ne peut que s'interroger sur la possibilité de retranscription d'expériences de ce type. Ce voyage a certes du être riche pour Corine Miret, les personnes qu'elle a rencontré dans l'Artois et pour l'équipe de la Revue éclair qui s'est par la suite laissée imprégner par le vécu de la danseuse. Mais le public lui ne l'effleure qu'à de trop rares instants.

[bio]
auteur, metteur en scène: Stéphane Olry
Corinne Miret et Stéphane Olry

Auteur, metteur en scène, comédien français.

Autodidacte, il fonde à 18 ans, dans les années 80, la Compagnie Extincteur. Il écrit alors et met en scène des spectacles joués en France (Espace Pierre Cardin, Usine Pali-Kao, Théâtre de la Bastille, Théâtre des Bouffes du Nord) et à l'étranger. Il travaille parallèlement comme pigiste aux pages culturelles du journal Le Monde. Il participe aussi à l'organisation des spectacles à l'Usine Pali-kao, lieu alternatif et expérimental.

Il fonde en 1987 La Revue Eclair et organise des soirées de spectacles de formes brèves (Ménagerie de Verre,...

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