genre: classique / durée: 1h30
Sébastien Azzopardi
Christophe De Mareuil,
Grégoire Bourbier,
Frédéric Imberty,
Richard Delestre,
Cindy Rodrigues,
Elisa Sergentinfos: Du Mardi au Samedi à 21H30 + Dimanche à 15H
prix: de 10 € à 30 €
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Ah les détails...
par Louis-David Mitterrand le 19-01-09
Georges Marchais aurait pu dire que ce spectacle est globalement positif. Nul n'en sort mécontent, lassé ou énervé. L'impression dominante est d'avoir assisté à une chose quasiment belle. Eh oui, quasiment. Des petits riens qui nous empêchent de jouir tout à fait de cette charmante pièce de Musset. René Simon prétendait que "le pire est de faire un métier qu'on ne connaît pas". Là-dessus rien à craindre, Sébastien Azzopardi est un véritable metteur en scène, un talentueux chef de troupe. Il vous monte un classique comme "L'éventail de Lady Windermere" en costumes d'époque ou bien une délirante comédie d'après "Le tour du monde en 80 jours" sans effort apparent. Il sait aussi s'entourer de bons éléments.
Mais pour dire du Musset, qui aimait astiquer ses phrases à la perfection, il faut une capacité surhumaine à ne pas trébucher. Quand cela arrive, et pas qu'une fois, la fluidité du jeu s'en ressent. En principe il n'est pas vraiment pertinent de souligner des erreurs de texte, surtout lorsqu'une pièce n'en est qu'à sa quatrième représentation. Cependant on pourrait y voir l'effet d'une direction d'acteurs par trop rigide, empêchant les comédiens de rapidement s'approprier leur rôle. Il y a une évidente volonté de bien faire, voire de perfectionnisme, dans ce travail. C'est d'ailleurs ce qui rend les petits défaut plus visibles. En tout cas le public ne doit pas avoir le trac pour les comédiens, ni ressentir la mise en scène.
Or celle-ci est encore visible. L'élégant décor, dont un savant jeu de lumières révèle les transparences, est par trop sollicité pour des effets pas toujours indispensables. Les subtilités du clair-obscur finissent par compliquer le récit et nous divertir de l'essentiel, c'est à dire des personnages. Non que ces illustrations oniriques soit incompatibles avec du Musset, mais il reste à en trouver la juste mesure. Quitte à prendre des risques, commençons déjà par moderniser les costumes. En tout cas il y a un parti pris, une recherche dans cette mise en scène, une évidente fidélité aux intentions de l'auteur, qui, à 23 ans, parle de la vie, la jeunesse et l'amour absolu.
Ces "Caprices" sont un étrange objet, qui commence comédie et finit tragédie. Musset y règle ses comptes avec ces femmes trop belles mais insipides, voir versatiles. L'amitié masculine par contraste y est sans faille. Le romantisme échevelé de l'auteur (Sand ne s'est-elle pas coupé les cheveux pour lui?) nous est servi avec une pointe de légèreté mais sans réel compromis sur la nature humaine. Son message est clair: aimons tout de suite ceux qui vous aiment. Cette urgence nous l'avons perdu à force de vivre si vieux, et avec elle, bien souvent, l'énergie. L'ennui n'est-il pas un des grands dangers du bonheur?
Une pièce à voir donc. Des comédiens de qualité, une ravissante Marianne, de jolis airs napolitains exécutés (paroles et musique) par la troupe, un metteur en scène qui monte. Tous les ingrédients d'un bon moment de théâtre.
THEATRE: Comédien