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[archive théâtre]
Les fiancés de Loches

genre: comédie / durée: 1h50


auteur
Georges Feydeau
metteur en scène
image disponible Jean-Louis Martinelli
comédiens
Martine Vandeville, Christine Citti, Abbes Zahmani, Edéa Darcque, Zacharia Gouram, Maxime Lombard, Mounir Margoum, Laurent d'Olce, Anne Rebeschini, Sophie Rodrigues

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critique
+___ La mécanique manque d'huile

Affiche Affiche Les Lochois malmenés Les Lochois malmenés

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[critique]

+___ La mécanique manque d'huile

par Pauline David le 17-03-09

Monter un Feydeau requiert énergie, dérision et rigueur. Si ces " Fiancées de Loches " de Jean Louis Martinelli possèdent assurément ces deux premières qualités, c'est par la dernière qu'ils pèchent.

Deux frères et une soeur tout droit sortis de leur province " montent " à la capital pour y chercher l'âme soeur. Et comme Feydeau ne serait pas Feydeau sans quiproquos, tous trois sont malencontreusement pris pour des domestiques à la recherche d'un emploi. Survient une kyrielle de calembours, de jeux de mots et autres imbroglios qui, reposant sur l'irrémédiable incompréhension des hommes, finira sa course dans un asile de fous.

Contrairement à d'autres pièces de Feydeau un peu datées, celle-ci demeure d'une féroce modernité. La recherche frénétique de l'amour dans une société où le couple reste le standard idéal, le mépris parisien vis-à-vis de la province, la volonté légitime de " trouver sa place "... Toutes ces questions restent d'actualité et sont traitées par l'auteur avec humour et sagacité. Cette modernité, Jean Louis Martinelli l'a d'ailleurs bien saisie et c'est dans un bureau de l'ANPE que s'engagent les tribulations de nos trois provinciaux avant d'atterrir dans un appartement ultra design. Le dispositif scénique imaginé pour le centre psychiatrique est lui aussi particulièrement inventif.

Les comédiens rivalisent de drôleries et d'énergie pour porter ce texte. Les trois Lochois s'amusent de situations plus cocasses les unes que les autres, Mounir Margoum le premier, qui campe un Alfred à l'air merveilleusement hagard.

Et pourtant, cette intelligence de la mise en scène et ce déploiement formidable d'énergie n'y font rien : la pièce manque cruellement de rigueur. Si les portes claquent peu dans cette pièce, la mécanique vaudevillesque reste cependant la même : une machine bien huilée, précise et carrée. Or, on assiste ici à une ébauche de Feydeau. Le talent sans les finitions. L'intention du metteur en scène de construire sa pièce comme une " improvisation permanente " est louable. Mais l'improvisation est une discipline ardue pour laquelle le sens du rythme reste fondamental. Ces imprécisions entraînent peu à peu un essoufflement. Les transitions, malgré l'émouvante intervention des patients du centre hospitalier de Nanterre, sont mal menées et la pianiste qui intervient sur scène apparaît totalement hors propos. Les déplacements des personnages sur cette scène décidément trop grande sont confus et tandis que le plateau est peu à peu submergé par les eaux, l'impression de flottement l'emporte.

Malgré tout le talent de Jean Louis Martinelli et de ses comédiens, la pièce laisse un arrière goût d'insuffisance qu'une mécanique mieux huilée aurait sans doute permis d'effacer.

[bio]
metteur en scène: Jean-Louis Martinelli
portrait

En 1977, il fonde sa compagnie, le Théâtre du Réfectoire à Lyon et crée entre autres: 1980 Le Cuisinier de Warburton d'Annie Zadek (Théâtre des Célestins, TNP Villeurbanne, Théâtre de la Bastille) 1981 Barbares amours d'après Electre de Sophocle et des textes de Pier Paolo Pasolini (TNP Villeurbanne) 1982 Pier Paolo Pasolini d'après l'œuvre de Pier Paolo Pasolini (Maison de la Culture du Havre, Théâtre du Point du Jour, Biennale de Venise) 1983 L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht et Kurt Weil (Maison de la Culture du Havre, TNS, Maison de la Culture de Bourges ...)

En 1987, il est...

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