genre: opéra-bouffe / durée: 3h00 / entracte: 1
infos: Le 28 avril et 2 mai à 20 h, le 30 avril et 3 mai à 15h
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Rien que pour la musique
par Pauline David le 01-05-09
"Le mariage secret" de Domenico Cimarosa est une véritable mine d'or pour tout metteur en scène de théâtre. De quiproquos en improbables retournements de situation, l'oeuvre est truffée d'éléments dramatiques plus incroyables les uns que les autres. L'intrigue est pourtant des plus simples : Geronimo, riche marchand, vit avec sa soeur Fidalma et ses deux filles Elisetta, l'aînée et Carolina, la cadette. Cette dernière a épousé en secret le commis Paolino et craint la fureur de son père. L'aînée quant à elle, est promise au comte Robinson, un noble ruiné. Une histoire d'amour donc, mais aussi et surtout d'honneur, de négociations et d'argent, le tout porté par une écriture pleine d'humour et de dérision. De bons ingrédients, en somme, pour un artiste comme Marc Paquien, rompu aux mises en scène d'opéra... C'était malheureusement être trop optimiste.
La scénographie laisse perplexe : une reproduction du port de Naples semblant tout droit tiré d'un manuel de géographie, deux misérables montagnes sensées représenter l'Etna et quelques artifices qui tombent à plat constituent les éléments de décors. Cette triste scénographie est à l'image de la mise en scène, dénuée de toute intention. Tout au long de la pièce, Marc Paquien tente d'insuffler un air faussement déjanté à cette pièce en y introduisant, entre autres, un père trafiquant d'art héroïnomane et un comte alcoolique et coureur de jupons. En vain. Pourtant, les chanteurs, emplis d'énergie, de talent et de bonne volonté courent dans tous les sens mais, sans l'intention du metteur en scène, il est difficile d'y voir une quelconque crédibilité. Les revolvers sont sortis à la moindre occasion : on tire à blanc, on sait que l'on fait semblant. On court, on gesticule sans trop savoir pourquoi. Les gestes sont désarticulés et ne font plus sens.
Ce qui importe, de fait, c'est la musique, bien sûr, et quelle musique ! Magistralement interprétée par ces jeunes de l'atelier lyrique, cette pièce au rythme endiablé est véritablement un chef d‘oeuvre de l'opéra bouffe. Les chanteurs jouent avec les rythmes saccadés et laissent une large part à l'improvisation.
Pourtant on aurait aimé voir, à la MC93 peut-être plus qu'ailleurs, la véritable griffe de Marc Paquien et non pas cet ersatz de mise en scène.