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[archive théâtre]
Christophe Alévèque est Super Rebelle

genre: seul en scène / durée: 2h00


metteur en scène
Philippe Sohier
comédien
Christophe Alévêque
musiciens
Maxime Perrin, Francky Mermillod, Julien Bonnard, Stéphane Sangline


critique
+++_ Le vengeur démasqué

Super Rebelle, ou ce qu'il en reste... Super Rebelle, ou ce qu'il en reste... SR pousse la chansonnette SR pousse la chansonnette

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[critique]

+++_ Le vengeur démasqué

par Louis-David Mitterrand le 05-11-09

Le héros est fatigué. Las de colporter ses coups de gueule à des salles hilares. M'enfin! Chaussé d'une cape sang et or (allez Lens!) et d'un slip bien rembourré siglé "SR", il nous invite a revenir vers le sexe. La vie n'est-elle pas plus simple quand on ne pense qu'à ça? Le préservatif, il a essayé, et, comme le Pape, il préfère sans. Bah oui, mais sans capote on fait des gosses, Môsieur. Et les gosses ne servent qu'à casser les couilles dont justement ils sont issus. Ces ados en forme de "S" et qui disent "c'est nul" avant même d'avoir franchi le seuil d'un musée, il faut bien se mettre à deux pour les faire.

Etrangement les femmes sont relativement épargnées dans ce nouveau spectacle. C'est qu'il y a trop de sujets, tout simplement. Que les misogynes se rassurent, leur défouloir est toujours là, prêt à "bouffer de la chatte" au propre comme au sale. Il envoie sec Alévêque sur la "grosse" et ses vaccins, la patronne du Medef ou encore la madone du PS. Mais c'est rien à coté de notre Zébulon national. Personne ne lève le doigt quand il demande qui a voté pour lui le 6 mai 2007. Instant tendu qui en dit long sur la dynamique des foules. Sarko est un sujet inépuisable pour Super Rebelle, de même que son "blond-blond", dit "prince de lu", qui voulait devenir président de la "cagnotte". Quant à Frédo parti se faire sucer en Thaïlande, comment demander leur âge à des garçons qui ont la bouche pleine?

Tout est du même acabit. Féroce, jouissif, décapant. Sensible aussi. Excessif? A peine. C'est ça qui qui touche. Rien à voir avec un Bigard. Alévêque ne fait pas de "sketches". Il vient juste partager ses révoltes d'anar désespéré. Mais il a le pessimisme joyeux et pousse la chansonnette avec trois sympathiques complices musiciens. Des pauses qui rendent le spectacle moins bavard. C'est un chansonnier dans la pure tradition, mais aux hormones. Mine de rien l'éternel second couteau de Ruquier a fait son petit bonhomme de chemin et remplit aujourd'hui la grande salle du Rond-Point qui se lève pour lui dire merci. Ce vengeur démasqué s'en prend à tous ceux qui nous prennent pour des cons, boulot laissé vacant depuis la mort de Coluche.

D'anar à kador du comique, ça lui fera tout drôle de devenir un nanti. Nul doute qu'il reviendra nous en parler sur scène.