Share/Bookmark
[archive théâtre]
Effroyables jardins

genre: comédie / durée: 1h10


auteur
Michel Quint
metteur en scène
Marcia de Castro
comédien
André Salzet

  • du 25-11-09 au 04-01-10
    53 rue Notre Dame des Champs, 75006 Paris
    tel: 01 45 44 57 34
    site: www.lucernaire.fr

    infos: Du mardi au samedi à 18h30. Le dimanche à 15h.

    prix: de 15 € à 22 €

critique
++__ Hommage au père

Affiche Affiche

Forum
Soyez le premier à donner votre avis
[critique]

++__ Hommage au père

par Pauline David le 11-12-09

A bord de la Panhard Dyna jaune vif de son père, le jeune Lucien ne rêve que d'une chose : rouler comme ses camarades dans une Citroën DS. Au lieu de cela, il se voit contraint, tous les samedis, de suivre, honteux, ce père excentrique, ce clown de pacotille qui de goûters d'anniversaire en arbres de Noël, arbore son sourire triste et sa perruque bouclée. Il ne se doute pas encore que si son père s'obstine à afficher ce ridicule accoutrement, c'est pour une raison plus profonde et c'est dans son passé de résistant qu'il faudra y trouver la source.

Le texte de Michel Quint, adapté plusieurs fois au théâtre et au cinéma, est devenu une référence dans le traitement des thèmes de la guerre, de la résistance et du devoir de mémoire. La clé de sa finesse : le regard à la fois tendre et drôle qu'il pose sur ses personnages. Lâches quelconques ou héros ordinaires, ils sont plein d'une humanité qui sonne juste. A l'image de cet Auguste en uniforme qui refuse, malgré tout, de perdre sa dignité.

Seul sur scène, André Salzet nous livre un vrai moment de poésie. Avec la générosité propre aux personnages qu'il incarne, il partage avec nous ce texte comme on offre une choppe à de vieux camarades : sans manière et sans artifice. Lentement, il déroule le fil de son histoire. De l'Histoire. L'ambiance est intimiste -c'est le moins que l'on puisse dire à cette heure précoce de la soirée. Mais même si nous ne sommes pas -assez- nombreux dans la salle, l'émotion est là.

Peut-être doit-on regretter les dernières minutes du spectacle, lorsque cette voix off rompt le charme et s'efforce de conclure maladroitement par un épilogue réducteur. Car au-delà de sa résonance historique, c'est une confidence personnelle que fait nous l'auteur. Celle d'un fils qui se rend compte, trop tard, avoir méprisé son père, par maladresse et par ignorance.