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[archive théâtre]
Maison de poupée

genre: drame psychologique / durée: 2h10


auteur
Henrik Ibsen
metteur en scène
image disponible Jean-Louis Martinelli
comédiens
Marina Foïs, Alain Fromager, Laurent Grévill, Camille Japy, Grégoire Oestermann, Martine Vandeville


critique
+___ Pas si facile d'être une femme libérée...

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[critique]

+___ Pas si facile d'être une femme libérée...

par Pauline David le 18-03-10

Cinq mises en scène de "La maison de poupée" cette année, et pourtant, pas une femme pour s'attaquer à ce symbole du féminisme : la preuve, sans doute, qu'il reste encore du chemin à parcourir... Mais je ne compte pas développer ici un pamphlet féministe : même si le travail de Jean Louis Martinelli aurait sans doute mérité un peu plus de fraîcheur et de fantaisie ...féminine, pourquoi pas!

Le casting est parfait : Marina Foïs excelle, comme à son habitude, dans la peau de la femme-enfant pensée par Ibsen. Elle est un " joli petit écureuil " suffisamment excentrique et souriant pour divertir ce mari aimant et possessif qu'interprète Torvald Helmer avec justesse. Face à eux, le magnifique Grégoire Oestermann campe un docteur Rank lunaire et touchant et Alain Fromager nous fait rire aux larmes lors d'une scène d'ivresse mémorable.

Mais il manque un metteur en scène pour donner un souffle nouveau à cette Maison de poupée. Ou, au moins, pour la faire tenir sur la durée. Dans ce décor ouvert, les comédiens savent donner une belle énergie à leurs personnages, mais qui, faute de direction, finit par se perdre et s'essouffler. Nora, par exemple : si la performance de Marina Foïs est très louable, elle n'en donne à voir qu'une facette ; elle reste, tout au long de la pièce, la " petite alouette " sans faille. Et, surtout, sans cette lueur de lucidité qui permettrait de préparer le terrain pour le retournement final. Au contraire, celui-ci survient brutalement, quitte à faire perdre toute crédibilité -et tout intérêt !- au texte très subtil d'Ibsen.

C'est donc une Maison de poupée en demi-teinte que propose Les Amandiers, servie par des acteurs talentueux auxquels on a sans doute laissé trop de liberté.

[bio]
metteur en scène: Jean-Louis Martinelli
portrait

En 1977, il fonde sa compagnie, le Théâtre du Réfectoire à Lyon et crée entre autres: 1980 Le Cuisinier de Warburton d'Annie Zadek (Théâtre des Célestins, TNP Villeurbanne, Théâtre de la Bastille) 1981 Barbares amours d'après Electre de Sophocle et des textes de Pier Paolo Pasolini (TNP Villeurbanne) 1982 Pier Paolo Pasolini d'après l'œuvre de Pier Paolo Pasolini (Maison de la Culture du Havre, Théâtre du Point du Jour, Biennale de Venise) 1983 L'Opéra de quat'sous de Bertolt Brecht et Kurt Weil (Maison de la Culture du Havre, TNS, Maison de la Culture de Bourges ...)

En 1987, il est...

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