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[archive théâtre]
Non Solum

genre: divers


auteurs
Sergi Lopez, Jorge Pico
metteur en scène
Jorge Pico
comédien
Sergi Lopez


critique
++__ Quand Sergi Lopez Caubérise...

UNDEF

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[critique]

++__ Quand Sergi Lopez Caubérise...

par Anne Eyrolle le 16-02-07

Seul sur une scène immense et vide, avec pour unique accessoire ses vêtements et leurs poches à peine remplies, il fait apparaître des dizaines et des centaines de personnages, en revêt les mimiques et postures, les fait parler tour à tour, puis tous ensemble au gré de quelques agitations habiles des mains... Philippe Caubère aurait-il trouvé son héritier en Catalogne? Le lieu où se produit Sergi Lopez n'est pas pour rien dans ce rapprochement qui vient à l'esprit malgré soi, puisque c'est sur cette même scène du Rond-Point que quelques semaines auparavant le fils du Soleil donnait à revoir l'intégralité de son spectacle solo.

Mais n'est pas Caubère qui veut. Aussi se réjouit-on de voir bien vite Sergi Lopez éviter plus longtemps la comparaison en plongeant dans un texte qui, à mille lieues de l'autobiographie caubérienne, l'entraîne en pleine fiction, dans un monde régi par le seul esprit d'escalier et où l'absurde génère toujours plus d'absurde. Tout commence par l'arrivée d'un homme chez sa maîtresse et qui, à la place de ladite Brigitte, tombe nez à nez avec un homme nu se disant plombier. Un tête-à-tête façon boulevard jusqu'à ce que débarque un troisième, puis un quatrième, puis une centaine d'autres hommes. Tous sont identiques. En apparence, du moins. Démultiplié, Sergi Lopez en profite, ici pour pousser la chansonnette catalane, là pour singer une fellation et même un anus!... En bon élève de l'Ecole Internationale de Jacques Lecoq (où il a rencontré son co-auteur Jorge Pico), Sergi Lopez offre de bonnes prestations de mime et de bouffon. Sans mauvais jeu de mots, la dernière citée, hilarante, restera à coup sûr dans les annales...

Le sourire au coin des yeux, Sergi Lopez a l'audace de ces gamins impertinents auxquels on pardonne tout. Et même si sa pièce souffre d'inégalités, le charme opère. Glissé dans un accent savoureux, le texte offre quelques perles d'humour loufoque et, clairement, original. A apprécier, en songeant que toute ressemblance avec un spectacle en solo déjà existant serait fortuite.

A.